DONSKOÏ (Mark) [Mark Semenovič Donskoj] (suite)
Par la suite, le cinéaste investit à nouveau, avec une fidélité modelée à sa vision personnelle, l'œuvre de Gorki : la Mère (Mat ’, 1956) et Thomas Gordeiev (Foma Gordeev, 1959). Il réalise en 1958 un film phare, plus lyrique et débridé que les autres, le Cheval qui pleure (Dorogoj cenoj), qui n'est pas sans anticiper, par son envoûtant panthéisme, sur les Chevaux de feu (1965) de Sergueï Paradjanov. À l'opposé d'un grand nombre de pionniers du cinéma soviétique, le style de Donskoï, toujours sobre, n'a pratiquement pas varié de la trilogie à Thomas Gordeiev. Son enracinement culturel foncièrement ukrainien, son humanisme actif, son inspiration située dans le passé (la meilleure façon d'éclairer le présent selon lui) ont gardé à son œuvre une unité qui lui a permis de traverser, sans compromis, les périodes les plus noires et d'échapper aux fluctuations des modes idéologiques. Par ailleurs, Donskoï est essentiellement un réalisateur du parlant ; et son emploi moderne de la profondeur de champ fait de lui, à l'instar de Renoir ou de Welles, un cinéaste contemporain. Les années 60 voient l'affadissement de ses thèmes, qui frisent parfois la mièvrerie : Bonjour les enfants (Zdravstvujte, deti, 1962) ; la Dévotion d'une mère (Vernost materi, 1967).
Autres films :
Majak (épisode du Ciné-Recueil de guerre no 9, 1942) ; le Cœur d'une mère (Serdce materi, 1965) ; Chaliapin (1969) ; Nadejda (Nadežda, 1973) ; les Époux Orlov (Suprugi Orlovy, 1977).▲