Dictionnaire du Cinéma 2001Éd. 2001
A

ANNAKIN (Ken)

cinéaste britannique (Beverley 1914).

Après divers métiers, Ken Annakin vient au cinéma durant la guerre, comme assistant opérateur puis comme réalisateur avec Holiday Camp (1947). Il devient bientôt l'un des réalisateurs les plus sûrs et les plus prolifiques de l'industrie cinématographique anglo-américaine. Parmi plus de trente longs métrages, on peut citer : Miranda (1948) ; la Femme du planteur (The Planter's Wife, 1952), avec Claudette Colbert et Jack Hawkins ; Qui perd gagne (Loser Takes All, 1956), écrit et produit par Graham Greene ; les Robinsons des mers du Sud (Swiss Family Robinson, 1960) ; V. I. P. (Very Important Person, 1961) ; Ces merveilleux fous volants dans leurs drôles de machines (Those Magnificent Men in Their Flying Machines, 1965) ; la Bataille des Ardennes (Battle of The Bulge, id.) ; l'Appel de la forêt (Call of the Wild, 1972) ; Paper Tiger (1975).

ANNAUD (Jean-Jacques)

cinéaste français (Juvisy-sur-Orge 1943).

Après avoir fait l'école de Vaugirard (1962) et l'IDHEC (1964), Jean-Jacques Annaud se lance dans la confection de films publicitaires ; il en tourne 400 entre 1966 et 1976. Son premier long métrage, la Victoire en chantant (FR-RFA-CDI, 1976), parabole très caustique sur le colonialisme, obtient l'Oscar du meilleur film étranger à Hollywood en 1977 (et il est alors reprogrammé sous le titre : Noirs et Blancs en couleur). Poursuivant dans la voie de la satire politico-sociale, Annaud brosse, dans Coup de tête (1979), une certaine mentalité provinciale encline aux pires injustices. La Guerre du feu (1981), film sans dialogues d'après le roman fameux de Rosny aîné, l'impose sur le marché international et lui permet d'obtenir plusieurs Césars. Il réussit en 1986 la gageure d'adapter le Nom de la rose, roman policier théologique et médiéval, érudit et labyrinthique d'Umberto Eco. Coproduction germano-italienne, le film remporte le César du meilleur film étranger en 1987. Il tourne ensuite l'Ours (1988), qui remporte un très grand succès international et adapte en 1991 l'Amant de Marguerite Duras. En 1995, il réalise les Ailes du courage sur l'épopée à travers les Andes du pilote de l'Aéropostale, Guillaumet. Ce moyen métrage tourné avec une caméra IMAX 3 D fut présenté à New York sur l'écran géant (de 26 mètres sur 33) du Sony IMAX de Broadway. En 1997 il présente Sept ans au Tibet.▲

ANNENKOV (Georges)

créateur de costumes français d'origine russe (Petropavlovsk-[Kamtchatka] 1891 - Paris 1974).

L'essentiel de sa carrière est consacré au théâtre, d'abord en URSS, puis en France, où il s'exile au milieu des années 20. Au cinéma, il aurait contribué au Faust de F. W. Murnau (1926), mais c'est en France qu'il s'impose. Peintre et portraitiste, il excelle à créer des costumes dont la stylisation souligne l'accord intime entre décor et sujet : Mademoiselle Docteur (G. W. Pabst, 1937), Mayerling (A. Litvak, id.), Nuits de feu (M. L'Herbier, id.), Tarakanowa (F. Ozep, 1938), le Drame de Shanghai (Pabst, id.), la Duchesse de Langeais (J. de Baroncelli, 1942), Pontcarral, colonel d'Empire (J. Delannoy, id.), l'Éternel Retour (id., 1943), Patrie (L. Daquin, 1946), la Symphonie pastorale (Delannoy, id.), la Chartreuse de Parme (Christian-Jaque, 1948). Pour Max Ophuls, sur qui il a publié en 1962 un passionnant livre de souvenirs, il crée les habits de poupées de la Ronde (1950), les « filles de tous draps » du Plaisir (1952), les variations en noir et blanc de Madame de... (1953) et la parade superbement colorée de Lola Montès (1955). Il a publié un autre livre de souvenirs : En habillant les vedettes (1951).

ANN-MARGRET (Ann-Margret Olsson, dite)

actrice américaine d'origine suédoise (Valsjobyn, 1941).

Elle débute comme ingénue romantique dans Milliardaire pour un jour de Frank Capra en 1961. George Sidney ayant mis en valeur, dans Bye Bye Birdie (1963), ses talents de chanteuse et de danseuse, son dynamisme et son sens de l'humour, et la Chatte au fouet (Kitten With a Whip, 1964), de Douglas Heyes, exhibé sa sensualité, elle est vouée depuis lors à jouer les vamps caricaturales (Tommy, K. Russell, 1975), dans des comédies musicales ou non. Une sensibilité profonde apparaît dans ses rôles dramatiques (Ce plaisir qu'on dit charnel, M. Nichols, 1971). Aux États-Unis, la meneuse de revue éclipse l'actrice. Cependant, de temps à autre, celle-ci sait se faire remarquer dans des rôles intéressants (ainsi le Retour du soldat d'Alan Bridges, Lookin'to Get out de Hal Ashby, I Ought to Be in Pictures d'Herbert Ross en 1982, Paiement Cash de J. Frankenheimer en 1986 ou A Tiger's Tale de Peter Douglas en 1987). Elle seconde Walter Matthau et Jack Lemmon dans une série à succès (Grumpy Old Men Club, 1993 et Grumpier Old Men, 1995) mais c'est surtout dans l'Enfer du dimanche (O. Stone, 1999) qu'elle crée une sensation : riche beauté fanée, portée sur les petits chiens et l'alcool, elle tombe le masque face à Al Pacino dans une scène d'émotion sobre et mémorable.

ANNONCE.

Annonce faite à voix haute, en début de prise, des principales informations de la claquette. ( REPIQUAGE.)

ANOUILH (Jean)

auteur dramatique et dialoguiste français (Bordeaux 1910 - Lausanne, Suisse, 1987).

Employé dans la célèbre agence Damour, il travaille sur des films publicitaires avec Jean Aurenche, Jacques Prévert, Paul Grimault, mais c'est le théâtre qui le passionne. Sa première pièce est montée en 1932, et il devient secrétaire du théâtre de Louis Jouvet. De 1936 à 1939, il écrit des dialogues de films avec Aurenche, et, en 1943, il met en scène une adaptation de sa pièce le Voyageur sans bagages. Il signera huit ans plus tard sa deuxième mise en scène de cinéma : Deux Sous de violettes. Bien qu'il se consacre essentiellement au théâtre, il collaborera à sept films de 1947 à 1960, dont Monsieur Vincent (M. Cloche, 1947), Pattes blanches (J. Grémillon, 1949), le Chevalier de la nuit (Robert Darène, 1954) et la Mort de Belle (É. Molinaro, 1961).

ANSCHÜTZ (Ottomar)

photographe allemand (1846 - 1907).

Sans doute originaire de Lissa (Leszno) en Posnanie. Précurseur du cinéma, dans la lignée des travaux de Muybridge et Marey, il s'intéresse à l'analyse et à la synthèse du mouvement. Il est surtout connu pour son Tachyscope (ou Tachyskop) électrique ou Électrotachyscope (1889), amélioration d'un Tachyscope légèrement antérieur. Dans cet appareil, présenté au public berlinois du 19 au 21 mars 1887, 24 photographies sur verre représentant les phases successives d'un mouvement cyclique étaient montées à la périphérie d'une roue métallique de grand diamètre : un contact électrique déclenchait une impulsion lumineuse au passage de chaque vue derrière la fenêtre d'observation, immobilisant ainsi cette vue pour l'œil. En 1884, il avait réalisé un projecteur Tachyscope à deux roues, portant respectivement les vues paires et impaires, un mécanisme de Croix de Malte faisant avancer une roue pendant que l'autre était immobilisée.