Dictionnaire du Cinéma 2001Éd. 2001
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WANGER (Walter Feuchtwanger, dit Walter)

producteur américain (San Francisco, Ca., 1894 - New York, N. Y., 1968).

Son éducation cosmopolite, son intérêt précoce et constant pour la politique, la diplomatie et la justice en font un des intellectuels les plus notoires d'Hollywood. Après avoir reçu une solide éducation en Europe, il aborde la production théâtrale (Londres et New York), puis supervise les programmes de la Paramount (1923-1931). Il séjourne à la Columbia, puis travaille brièvement comme producteur exécutif à la MGM, et aborde en 1934 une carrière de producteur freelance, dont les premières grandes étapes sont : The President Vanishes (W. A. Wellman, 1934), Mondes privés (G. La Cava, 1935), la Fille du bois maudit (H. Hathaway, 1936), J'ai le droit de vivre (F. Lang, 1937), Blocus (W. Dieterle, 1938) et la Chevauchée fantastique (J. Ford, 1939). Remarquable découvreur de talents, il lance Hedy Lamarr aux États-Unis (Casbah, J. Cromwell, 1938) et jouera un rôle clé dans la carrière de sa femme, Joan Bennett. Durant les années 40, il produit notamment Correspondant 17 (A. Hitchcock, 1940), le Passage du canyon (J. Tourneur, 1946), Une vie perdue (S. Heisler, 1947), Jeanne d'Arc (V. Fleming, 1949) et les Désemparés (M. Ophuls, id.). Une tentative de meurtre sur la personne du producteur Jennings Lang l'écarte pendant quelque temps des studios. Au cours des années 50, il se cantonne dans des films à petit budget comme les Aventures de Hadji (D. Weis, 1954) et l'Invasion des profanateurs de sépultures (D. Siegel, 1955). Il produit, en 1958, Je veux vivre de Robert Wise et fait, en 1961, un retour prometteur avec Cléopâtre, projet dont il sera évincé en cours de route par Darryl F. Zanuck.

WARD (Fannie)

actrice américaine (Saint Louis, Mo., 1872 - New York, N. Y., 1952).

Grande dame du théâtre, elle fait sensation à l'écran en interprétant une femme de la haute société asservie par l'amour qu'elle porte à un prince asiatique, dans Forfaiture (C. B. De Mille, 1915) : son jeu y est remarquablement dépouillé et sobre. Elle apparaît dans plusieurs autres films et finit sa carrière en France (la Rafale, J. de Baroncelli, 1920 ; le Secret du « Lone Star », id., id.).

WARD (Vincent)

cinéaste néo-zélandais (Greytown, 1956).

Vincent Ward décrit sa carrière cinématographique comme accidentelle. Après avoir étudié l'art, il dirige et filme des pièces de théâtre pendant des années avant de se tourner vers le documentaire. Très influencés par Dreyer ou Tarkovski, ses premiers films A State of Siege (1978) et Vigil (1984) marquent profondément le public néo-zélandais. Après la sélection de The Navigator : A Medieval Odissey (The Navigator, 1988) au Festival de Cannes, Vincent Ward part travailler aux États-Unis, où il écrit Alien 3 (David Fincher, 1992), et réalise le curieux Map of the Human Heart (Cœur de métisse, 1992). Son dernier film, Au-delà de nos rêves (What Dreams May Come, 1998), onirique et ambitieux, n'obtient pas le succès escompté.

WARD (Warwick Mannon, dit Warwick)

acteur britannique (Saint Ives 1896 - Londres 1967).

Silhouette élégante et visage anguleux, il joue les séducteurs, bons ou méchants : The Silver Lining (A. E. Coleby, 1919), les Hauts de Hurlevent (A. V. Bramble, 1920), Handy Andy (Bert Wynne, 1921), Belphegor the Mountebank (id., id.), Bulldog Drummond (O. Apfel, 1922), The Prude's Fall (G. Cutts, 1924). Il atteint le sommet de sa carrière avec le rôle du trapéziste Artinelli dans Variétés (E. A. Dupont, 1925) et devient l'apache repenti de La Venenosa (R. Lion, 1928). Après Odette (Luitz-Morat, id.) et Three Kings (H. Steinhoff, 1929), il affronte avec difficulté l'avènement du parlant (le Mouchard [The Informer], A. Robison, 1929 ; le Masque jaune [The Yellow Mask], H. Lachman, 1930) et perd sa célébrité au moment des « Quota Quickies » des années 30.

WARDEN (Jack)

acteur américain (Newark, N. J., 1920).

Ancien boxeur, il débute à l'écran en 1950 (Quand la ville dort, J. Huston), mais ce n'est que dans les années 60 qu'il commence à s'affirmer comme un des meilleurs seconds rôles. Il peut être, à loisir, drôle (Shampoo, H. Ashby, 1975), dramatique (le Fantôme de Cat Dancing, R. Sarafian, 1973) ou même d'une remarquable sobriété (les Hommes du président, A. J. Pakula, 1976).

Autres films :

Tant qu'il y aura des hommes (F. Zinnemann, 1953) ; Douze Hommes en colère (S. Lumet, 1957) ; la Taverne de l'Irlandais (J. Ford, 1963) ; Mirage (E. Dmytryk, 1965) ; Billy-Two-Hats (T. Kotcheff, 1973) ; l'Apprentissage de Duddy Kravitz (Kotcheff, 1974) ; le Voyage des damnés (S. Rosenberg, 1976) ; Mort sur le Nil (J. Guillermin, 1978) ; Bienvenue Mister Chance (H. Ashby, 1979) ; le Verdict (Lumet, 1982) ; Chacun sa chance (K. Reisz, 1989) ; la Loi de la nuit (I. Winkler, 1992), l'Avocat du diable (Lumet, 1993), Coups de feu sur Broadway (W. Allen, 1994).

WARGNIER (Régis)

cinéaste français (Paris 1948).

Après avoir fait ses premières armes en tant que réalisateur de deuxième équipe auprès de Francis Girod et de Volker Schlöndorff, il réalise un premier film qui mêle le drame sentimental et la lucidité du regard sur l'alcoolisme (la Femme de ma vie, 1986). Il élargit son public avec Je suis le seigneur du château, qui joue sur le lyrisme des rêves d'enfant. Son goût pour les grandes fresques historico-romanesques et l'influence qu'il a subie des grands auteurs de mélodrames hollywoodiens s'affirment dans Indochine (1991), construit autour de Catherine Deneuve, et plus encore dans Une femme française (1995), avec le couple Emmanuelle Béart-Daniel Auteuil. Il réalise en 1999 Est-Ouest, avec Sandrine Bonnaire.

WARHOL (Andrew Marhola, dit Andy)

cinéaste et plasticien américain (Pittsburgh, Pa., 1928 - New York 1987).

C'est l'un des plus célèbres artistes d'avant-garde de sa génération. Fils d'immigrés tchèques, il obtient, en 1949, un diplôme d'études supérieures d'arts graphiques au Carnegie Institute of Technology de Pittsburgh. Il s'installe alors à New York et illustre des articles de magazines puis, entre 1956 et 1959, publie des albums d'œuvres personnelles. Il connaît, en 1962, une brusque notoriété lorsqu'il expose des sérigraphies de boîtes de soupe Campbell. Il utilise aussi cette technique de la reproduction en série, avec des variations chromatiques diverses, pour des portraits de Marilyn Monroe, Elizabeth Taylor, Jackie Kennedy... Il devient un des maîtres du pop art. Avec Tarzan and Jane Regained... Sort of, il inaugure une suite d'une vingtaine de films muets conçus en 1963 et 1964. Sa filmographie comprend plus de 70 bandes, dont la plupart sont des longs métrages (**** [Four Stars], 1966-67, atteint vingt-cinq heures dans sa version originale).