Dictionnaire de la Littérature 2001Éd. 2001
B

Berulava (X'ut'a Mixeilis dze)

Poète géorgien (Zugdidi 1924).

Poète patriote, il célèbre durant la Seconde Guerre mondiale la résistance aux Allemands, le Cœur russe (1950-1954), Chant sur les étoiles (1953), exalte ensuite la nature de son pays natal et l'histoire de Géorgie et écrit pour les enfants, Sur le chemin de Vardzia (1946), Une légende de Colchide (1943-1955), Histoire de la naissance de Tbilisi (1964).

Bérulle (Pierre de)

Cardinal et écrivain français (1575 – 1629).

Noble de robe champenois, Bérulle fréquente le salon mystique et politique de la future Marie de l'Incarnation, Madame Acarie, où paraît aussi François de Sales. Prêtre en 1599, aumônier du roi en 1601, cardinal en 1627, il s'investit dans l'entreprise de la Contre-Réforme catholique, introduit le Carmel en France et fonde la congrégation de l'Oratoire (1611). Son ouvrage le plus célèbre, le Discours de l'état et des grandeurs de Jésus (1623) qui définit l'homme comme « un néant capable de Dieu », en fait le maître de l'école française de spiritualité.

Besik'i (Gabachvili Besarion Zakarias dze, dit)

Poète géorgien (Tbilisi 1750 – Jassy, Roumanie, 1791)

Injustement exilé de Tbilisi, il se réfugie en Imérétie où il ne tarde pas à se distinguer. Envoyé comme ambassadeur au camp du maréchal Potemkine, il y meurt de maladie. Sa poésie, précieuse, maniérée, souvent galante, est d'inspiration arabo-persane, le Jardin de tristesse, les Merles noirs. Il est aussi l'auteur d'un poème épique célébrant la grande victoire qui venait d'être remportée sur les Turcs, Pour Asp'indza (1770).

Beskow (Elsa)

Peintre et poétesse suédoise (Stockholm 1874 – id. 1953).

L'une des grandes initiatrices du livre pour enfants, elle puisait ses thèmes dans le folklore suédois et illustrait elle-même des albums où Tante Verte, Tante Brune, les tomtes, évoluent dans un monde naturel représenté avec un sens remarquable de l'équilibre entre fidélité réaliste et pouvoir de transfiguration (les Habits neufs de Pelle, 1922).

Bessa Luis (Agustina)

Femme de lettres portugaise (Amarante 1922).

Elle se démarqua du néoréalisme par son roman la Sibylle (1954), qui la révéla : il évoque dans une langue incantatoire les univers perdus de l'enfance et de la paysannerie ancestrale. Cette inspiration anime ses romans ultérieurs (les Incurables, 1956 ; les Relations humaines, 1964-1966 ; la Bible des pauvres, 1968-1970 ; les Furies, 1977) et ses biographies de saint Antoine (1973) et de la poétesse Florbela Espanca (1979).

Bessarion (Jean)

Humaniste byzantin (Trébizonde v. 1402 – Ravenne 1472).

Moine, puis archevêque de Nicée (1437), il fut un ardent partisan de l'union des Églises romaine et orthodoxe et accompagna l'empereur Jean VIII aux conciles de Ferrare et de Florence (1439). Fixé à Rome, fait cardinal puis patriarche latin de Constantinople (1463), il joua un rôle important dans la Renaissance, en protégeant les érudits byzantins exilés après la chute de Constantinople, en se faisant le défenseur de la philosophie platonicienne et en léguant à Venise sa bibliothèque, noyau de la future Marciana.

Bessenyei (György)

Poète hongrois (Bercel 1747 – Puszta-Kovácsi 1811).

Il passa une partie de sa vie à Vienne, dans la garde hongroise de l'impératrice Marie-Thérèse, où il se familiarisa avec les idées du siècle des Lumières (la Tragédie d'Agis, 1772 ; le Philosophe, 1777).

Bessou (Justin)

Écrivain français de langue d'oc (Saint-Salvadou 1845 – Villefranche-de-Rouergue 1918).

Prêtre, longtemps curé de Saint-André-de-Najac, il se fit connaître en 1892 avec un poème en 12 chants intitulé D'al brès à la toumbo (Du berceau à la tombe), qui eut d'emblée un réel succès tant il retranscrivait avec bonheur et simplicité la vie rurale du Rouergue de son temps. Il publia ensuite plusieurs ouvrages de contes : Countes de la Tata Manou (Contes de la tante Manou, 1902), Countes de l'ouncle Janet (Contes de l'oncle Janet, 1910), Besprados de l'ouncle Poulito (les Veillées de l'oncle Hippolyte, 1923), régulièrement réédités. C'est l'âme même de sa terre natale que Bessou a réussi à saisir et à restituer dans ses écrits. Élu majoral en 1902, il est considéré comme l'introducteur du félibrige en Rouergue.

Bester (Alfred)

Écrivain américain (New York 1913 – Doylestown, Pennsylvanie, 1987).

Avec seulement trois romans et quelques dizaines de nouvelles, il occupe une place quasi légendaire dans le panthéon de la science-fiction, suscitant l'admiration des tenants de l'âge d'or comme des partisans de la Nouvelle Vague. La majorité de ses nouvelles et les deux romans qui ont fait sa renommée (l'Homme démoli, 1953 ; Terminus les étoiles, 1956), en mobilisant les concepts de la psychanalyse, montrent l'homme cherchant à faire reculer les limites de son esprit et les conséquences sociopolitiques de ses nouveaux pouvoirs psychiques. Ses récits renvoient à un arrière-plan politique issu des soubresauts de la première moitié du XXe s. et soulignent la supériorité de la démocratie sur toutes les formes du totalitarisme. Mais Bester enrichit son approche de la société de ses composantes psychologique, familiale, psychopathologique, économique, voire cosmique, exhibant ainsi, par cette dispersion des lieux du conflit, une vision en raccourci, et de ce fait parodique, de tous les genres tragiques (les Clowns de l'Éden, 1974).

Bethlen (Miklós)

Homme politique et écrivain hongrois (Kisbun 1642 – Vienne 1717).

Issu d'une grande famille de Transylvanie, interné à Vienne à la veille de la révolte de 1704, il est l'auteur de la première autobiographie moderne de la littérature hongroise, intitulée Mémoires.

Beti (Alexandre Biyidi Awala, dit Mongo)

Écrivain français d'origine camerounaise (Mbalmayo 1932 – Douala 2001).

Vivant en exil à Rouen où il était professeur de lettres, il est naturalisé français en 1976. Il tire son pseudonyme du groupe ethnique Béti auquel il appartenait. Après avoir publié coup sur coup quatre romans qui décrivent les méfaits de la colonisation et les ravages opérés au sein de la société traditionnelle par la civilisation occidentale (Ville cruelle, 1954, paru sous le pseudonyme d'Eza Boto ; le Pauvre Christ de Bomba, 1956 ; Mission terminée, 1957 ; le Roi miraculé, 1958), il connaît une période de silence avant de dénoncer dans ses pamphlets (Main basse sur le Cameroun, 1972) et ses nouveaux récits (Remember Ruben, 1974 ; Perpétue ou l'Habitude du malheur, 1974 ; la Ruine presque cocasse d'un polichinelle, 1979) l'arrivisme et la sottise des nouveaux maîtres d'une Afrique qui cherche désespérément son équilibre (les Deux Mères de Guillaume Ismaël Dzewatama, futur camionneur, 1982 ; la Revanche de Guillaume Ismaël Dzewatama, 1984), ce qui lui vaut d'être interdit de séjour dans son pays. Il rentre cependant au Cameroun après sa retraite, s'installe comme libraire à Yaoundé et publie l'Histoire du fou (1994), Trop de soleil tue l'amour (1999) et Branle bas en noir et blanc (2000), où dérision et pessimisme s'expriment dans une langue beaucoup plus libre et bigarrée.