Dictionnaire de l'économie 2000Éd. 2000
G

Grèves (suite)

Les types de grèves, leurs objectifs ainsi que leur durée varient considérablement selon les pays et les époques, selon le régime politique, la conjoncture économique et en fonction du rôle des syndicats. On distingue ainsi la grève générale (l'ensemble des salariés d'un pays), la grève sur le tas (avec occupation du lieu de travail), la grève du zèle (consistant à appliquer le règlement avec une telle minutie que cela bloque la production), la grève sauvage ou grève surprise (non précédée d'un préavis, généralement en dehors du contrôle des centrales syndicales), la grève perlée (succession d'arrêts de travail à différents postes de l'entreprise), la grève tournante (arrêts de travail affectant successivement certaines catégories du personnel ou certains secteurs de l'entreprise), etc.

Depuis les années 1970, notamment du fait de la crise économique, le nombre de grèves diminue tendanciellement en France

Les grèves de 1936

En mai 1936, à la suite de la victoire du Front populaire aux élections législatives, deux millions de salariés du secteur privé cessent le travail et, parfois, occupent leur entreprise. Le 8 juin, sous l'égide du président du Conseil Léon Blum, sont signés les « accords Matignon » prévoyant des hausses de salaires importantes et le développement des conventions collectives et du droit syndical. Les 20 et 22 juin sont votées ensuite des lois instituant deux semaines de congés payés annuels et la semaine de 40 heures.

B. C.

➙ Syndicat

G7

Le groupe des sept principaux pays industriels (G7) est un organisme international informel. Il réunit chaque année depuis 1975 (sommet de Rambouillet) les chefs d'État ou de gouvernement des sept États qui le composent : le président de la République pour la France et les États-Unis, le Premier ministre pour le Japon, l'Allemagne, la Grande-Bretagne, l'Italie, et le Canada à partir de 1976. Depuis 1977 (sommet de Londres), le président de la Commission européenne participe aux discussions. En 1997, pour la première fois, le président de la Russie, Boris Eltsine, a participé à la partie politique du sommet de Denver, consacrant la transformation du groupe en G8.

De la causerie au coin du feu, imaginée en 1975 par le président français Valéry Giscard d'Estaing et le chancelier allemand Helmut Schmidt, à la grand-messe rituelle et médiatique des sommets annuels, le G7 a beaucoup évolué. Il avait dérivé vers un faste peu propice aux discussions de fond, notamment à Versailles (1982), mais ses membres ont tenté de revenir depuis à des proportions plus raisonnables.

Les réunions annuelles de juin traitent des questions les plus diverses, et débouchent sur deux textes officiels.Le premier texte est une « déclaration politique », par exemple sur la crise des missiles soviétiques SS-20 (sommet de Williamsburg, 1983) ou la situation dans les Balkans (sommet de Cologne, 1999).

Le deuxième texte est un communiqué économique, lui aussi très éclectique : comment réagir à la hausse des prix du pétrole ? (sommet de Tokyo, 1979, en plein deuxième choc pétrolier), comment gérer l'aide financière à l'URSS ? (sommet de Houston, 1990)... En dehors de ces thèmes « d'actualité », le G7 aborde régulièrement certaines grandes questions transversales : lutte contre le terrorisme (sommet de Bonn, 1978), contre le sida (Venise, 1980)...

Le communiqué économique aborde aussi les thèmes du commerce international et de la réduction de la dette des pays les plus pauvres. C'est à Naples, en 1994, que la création de l'OMC (Organisation mondiale du commerce) a été entérinée. Et les allégements successifs de la dette du tiers-monde ont emprunté leur nom aux villes de réunion : conditions de Naples (1994), d'Halifax (1995), de Lyon (1997), de Cologne (1999).

Le G7, devenu G8 avec la Russie, s'est démultiplié au fil des ans. En plus des grand-messes annuelles, les ministres des Finances et gouverneurs de banques centrales des Sept se retrouvent régulièrement, en général au moins à l'occasion des deux réunions annuelles du FMI : il s'agit du G7 finances. Certaines réunions sont également consacrées à des sujets particuliers : l'emploi, en 1994 ; le Kosovo, en 1999.

Ce « directoire des pays riches » qui s'est développé en dehors du cadre juridique international a souvent été critiqué, notamment dans les pays qui n'en sont pas membres. Mais, en améliorant la coordination des politiques entre l'Amérique du Nord, l'Europe et le Japon, il a constitué un facteur de stabilisation de l'économie mondiale dans le dernier quart du xxe siècle

F. L.

Guilde (ou gilde)

Association de marchands, à l'époque féodale.

Ce terme est d'origine néerlandaise et désignait aux xie-xiiie siècles une sorte de confrérie qui regroupait des marchands, des ouvriers ou des artistes exerçant une activité commune. Une des plus célèbres guildes françaises fut celle des « marchands de l'eau » parisiens, qui obtinrent dès la fin du xie siècle le monopole du commerce sur la Seine. Elle devint une véritable puissance économique et laissa à Paris son emblème et sa devise, Fluctuat nec mergitur

P. B.

➙ Féodalisme, Hanse