chromosome

Crossing-over
Crossing-over

Structure cellulaire microscopique, constituée d'ADN et de protéines, et représentant le support physique de l'hérédité.

Chez les eucaryotes, les chromosomes, qui apparaissent dans le noyau de la cellule au moment de la division (mitose ou méiose), ont la forme de bâtonnets. Ils résultent de la condensation de la chromatine (réseau diffus d’ADN et de protéines).

Les procaryotes (bactéries, archées) renferment le plus souvent un chromosome unique, de forme circulaire (quelques espèces toutefois ont deux chromosomes circulaires, et d’autres un chromosome en forme de bâtonnet).

La structure des chromosomes, qui constituent le support des caractères héréditaires (gènes), est aujourd'hui l'objet de recherches considérables à l'échelle mondiale.

1. La découverte des chromosomes

Entre les années 1870 et 1880, les cytologistes donnent le nom de chromatine au réseau filamenteux colorable qu'ils observent dans le noyau, puis celui de mitose au mécanisme de division cellulaire, car il est caractérisé par l'apparition de filaments (en grec, mitos). En 1888, ces filaments reçoivent le nom de chromosomes, en raison de leur aptitude à se colorer fortement en présence de colorants basiques (du grec khrôma, couleur, et sôma, corps). En fait, chromatine et chromosomes ne sont que deux aspects différents d'une même entité.

En 1902, le biologiste allemand Theodor Boveri et le généticien américain Walter Sutton font (indépendamment) le parallèle entre le comportement des chromosomes au cours des divisions menant à la formation des cellules reproductrices ou gamètes (méiose) et les règles de transmission des caractères héréditaires. Celles-ci, qui avaient été observées par Gregor Mendel quarante ans plus tôt (elles avaient été publiés en 1866), puis oubliées, viennent d’être redécouvertes (1900, avec les travaux d’une part de Hugo de Vries, Carl Correns et Erich Tschermak, d’autre part de William Bateson).

Les deux chercheurs concluent que les chromosomes sont les supports de l’hérédité : c’est ce que l’on appelle la théorie chromosomique de l'hérédité. À partir de 1910-1915, l'Américain Thomas Hunt Morgan et ses collaborateurs montrent, grâce à leurs travaux sur la drosophile, que les gènes (nom donné en 1909 aux éléments transmetteurs de l'hérédité) correspondent à des unités physiques réelles sur les chromosomes (l’article The Physical Basis of Heredity, « les bases physiques de l’hérédité », est publié en 1919). Ils établissent des cartes génétiques, c’est-à-dire qu’ils représentent la position physique de certains gènes sur les chromosomes de la drosophile, en étudiant les fréquences de recombinaison (plus les gènes sont éloignés les uns des autres, plus la fréquence de nouvelles combinaisons dans la descendance sera élevée ; au contraire, deux gènes très proches seront presque toujours présents ensemble).

Thomas Hunt Morgan et Alfred Sturtevant réalisent la première carte en 1913. L’unité de distance entre deux gènes a, depuis, été nommée centimorgan, en hommage au chercheur. En 1933, le biologiste américain Theophilus Painter redécouvre les chromosomes géants des glandes salivaires des larves de drosophile (ils avaient été observés pour la première fois en 1881 par le Français Édouard Balbiani) : des chromosomes cent fois plus gros que les chromosomes classiques (ils sont issus de la réplication de l’ADN, mais sans division cellulaire : les filaments issus de chaque réplication restent accolés les uns aux autres), facilement observables au microscope électronique, et striés de bandes sombres et claires. Il constate que certaines bandes peuvent être corrélées avec des gènes, et que leur position correspond à celle déterminée grâce aux fréquences de recombinaison. À l’époque, les scientifiques pensent que les molécules sont responsables de la transmission de l’hérédité.

En 1944, le médecin américain Oswald Avery et son équipe montrent que le matériel génétique est en fait de l’ADN, dont Francis Crick et James D. Watson découvrent la structure en double hélice en 1953.

2. La morphologie des chromosomes

L'examen des cellules animales et végétales en division montre que chaque chromosome a une taille et une forme propres ; à de rares exceptions près, leur nombre est pair. L'observation est effectuée sur des cellules dont la division a été bloquée, à l'aide d'une substance toxique, la colchicine (un alcaloïde extrait du colchique), au stade de la métaphase (deuxième des quatre stades que comporte le processus de division cellulaire → mitose). À ce moment, les chromosomes sont séparés dans le sens longitudinal en deux chromatides, réunies par un centromère.

Dans toutes les cellules somatiques, ou non reproductrices, chaque type de chromosome existe en deux exemplaires : les chromosomes d’une même paire sont dits homologues. Chez les animaux et certaines plantes, une paire fait exception, celle des chromosomes sexuels, qui sont dissemblables : on les appelle chromosomes hétérologues, hétérochromosomes ou hétérosomes (voir ci-dessous).

En définissant par n le nombre de chromosomes différents, les généticiens ont qualifié de diploïdes ces cellules qui possèdent 2n chromosomes. En revanche, les cellules reproductrices, ou gamètes, qui ne contiennent que n chromosomes sont haploïdes.

3. Le nombre de chromosomes

Au moment de la fécondation, la fusion des deux gamètes (spermatozoïde et ovule) rétablit le nombre de chromosomes (n + n = 2n) dans la cellule œuf ou zygote.

Chaque espèce animale ou végétale possède un nombre spécifique et constant de chromosomes. Le nombre de paires de chromosomes dans les cellules humaines, 23 au total (2n = 46), a été établi en 1956 par Joe Hin Tijo et Albert Levan. Il est important de remarquer que le nombre chromosomique d'une espèce n'a aucun rapport avec son degré d'évolution, ni même avec sa taille, puisque l'amibe possède plusieurs centaines de chromosomes.

L'utilisation expérimentale de substances comme la colchicine permet de provoquer des anomalies numéraires sur les chromosomes en déréglant le processus de la mitose. Les espèces créées possèdent un caryotype dont les chromosomes sont en quadruple exemplaire (cellules tétraploïdes, à 4n), voire plus. De nombreuses plantes cultivées (blé, rose, tabac, dahlia, etc.), qui ont fait l'objet de telles manipulations génétiques (→ sélection), sont caractérisées par des fleurs, des graines et une taille générale supérieures à la normale.

3.1. Les chromosomes sexuels

Chez l’espèce humaine, les chromosomes sexuels sont ceux de la vingt-troisième paire sur un caryotype. Chez la femme, cette paire est composée de deux chromosomes identiques, nommés X. Chez l'homme, elle est composée de deux chromosomes de taille différente : l'un, ressemblant à ceux de la femme, est un chromosome X ; l'autre, plus court, est le chromosome Y. Appelés aussi hétérochromosomes (ou encore hétérosomes), les chromosomes sexuels déterminent le sexe de l'individu, par opposition aux 22 autres paires, les autosomes, qui définissent les autres caractères de l'individu.

Ce système XY existe chez tous les mammifères, chez les diptères (mouches, moustiques, etc.) et certaines plantes (ginkgo biloba). Chez les oiseaux, les lépidoptères (papillons) et certains poissons, notamment, c’est la femelle qui porte les chromosomes dissemblables : elle est WZ , tandis que le mâle est ZZ. Chez de nombreux invertébrés, il manque un chromosome chez le mâle, qui est alors XO.

4. Des chromosomes particuliers

4.1. Le chromosome bactérien

Globalement, le matériel génétique d'une bactérie est comparable à celui des eucaryotes. Il est également constitué d'ADN et de protéines qui, sans être rigoureusement identiques, conservent les mêmes fonctions. Le génome principal d’une bactérie est représenté par une molécule d’ADN de forme circulaire qui, par analogie avec la structure du génome des eucaryotes, est souvent appelée « chromosome bactérien », bien qu’il ne s’agisse pas d’un chromosome à proprement parler.

Nombre de bactéries ne possèdent qu'un seul chromosome, mais il n'est pas rare d'en observer plusieurs, surtout avant la période de division. La souche de laboratoire d’Escherichia coli, un bacille particulièrement étudié dans les domaines de la génétique et de la biologie moléculaire, possède un chromosome de 1,3 mm de circonférence, contenant environ 4,7 millions de paires de bases. Son génome a été entièrement séquencé (1997). Depuis, de nombreuses autres bactéries (Bacillus subtilis, Helicobacter pylori, Haemophilus influenzae, Saccharomyces cerevisiae, Mycoplasma pneumoniae, etc.) et archées (Archaeoglobus fulgidus, Methanococcus thermoautotrophicum, Aquifex aeolicus, etc.) ont déjà vu ainsi leur génome entièrement séquencé.

Les bactéries possèdent également, en nombre variable, d'autres fragments de génome de taille beaucoup plus réduite, représentant un centième du chromosome principal. Ces fragments, circulaires eux aussi, sont appelés plasmides et se répliquent de façon indépendante (→ réplication). L'un d'entre eux, le facteur F, confère le caractère mâle à la bactérie porteuse. Il permet la conjugaison et le transfert de matériel génétique d'une bactérie à l'autre, tout particulièrement lorsqu'il s'intègre au chromosome principal. En général, les plasmides ne portent pas d'information génétique essentielle au métabolisme de la bactérie. C'est toutefois dans ces fragments d'ADN que sont contenus les gènes conférant la résistance aux antibiotiques.

4.2. Les chromosomes géants

Chez certaines espèces, on peut observer des chromosomes de très grande taille, environ près de cent fois celle d'un chromosome de dimension moyenne. Ces chromosomes géants, ou chromosomes polyténiques , ont été trouvés chez des protozoaires ciliés et dans les cellules du tube digestif ou de glandes annexes (glandes salivaires notamment) de larves de diptères (mouches), comme la drosophile. Ils sont constitués par l'association des deux chromosomes homologues, eux-mêmes formés d'un millier de nucléofilaments, accolés les uns aux autres après la réplication.

Une alternance de bandes sombres et claires est particulièrement visible sur cette structure ; elle correspond aux différences de condensation du nucléofilament. Toutes ces spécificités ont fait des chromosomes géants un objet privilégié pour les études génétiques, et notamment pour la cartographie des gènes chez la drosophile.

5. Le caryotype

Le caryotype est l’ensemble des chromosomes d’une cellule ou d’un individu. Il est caractéristique de l’espèce à laquelle il appartient (le nombre de chromosomes d’une espèce est constant).

5.1. Établissement du caryotype

Chez l'homme, le caryotype est réalisé à partir de cellules sanguines, les globules blancs, qui se divisent assez facilement en culture. Après un prélèvement de sang par ponction veineuse, les cellules sont déposées sur un milieu de culture contenant des éléments nutritifs, des antibiotiques (pour éviter leur contamination et leur destruction par des bactéries) et des substances activant la mitose.

Trois jours plus tard, les mitoses sont bloquées à l'aide de colchicine, qui empêche la mise en place du fuseau. Les cellules, soumises à un choc hypotonique qui les fait éclater, sont ensuite fixées par des mélanges à base d'alcool, de chloroforme et d'acide acétique. Enfin, les chromosomes sont colorés, photographiés, identifiés grâce aux clichés, puis classés.

5.2. La formule chromosomique

Le chromosome Y est certainement le chromosome humain le plus variable du patrimoine génétique de l'homme, notamment en longueur. Certains chromosomes possèdent des constrictions secondaires, sortes d'allongements supplémentaires ; le chromosome 9, à l'état normal, en possède une sur son bras long, mais, chez certains individus, elle se situe sur le bras court de ce chromosome. La constriction des chromosomes 1 et 16 peut être de longueur variable.

De telles variations sont également visibles chez les animaux, comme les rongeurs, qui montrent de nombreux exemples de variations de la formule chromosomique à l’intérieur d’une même espèce. Certains individus possèdent même un nombre de chromosomes inférieur ou supérieur à la normale. Des différences existent chez des espèces extrêmement proches les unes des autres, tant sur le plan de la physiologie que sur celui de l'anatomie, et pour lesquelles aucune différence chromosomique majeure ne pourrait être attendue. La stabilité du caryotype n'est donc que relative, et cela quelle que soit la position de l'être vivant dans la classification zoologique. Toutefois ces altérations sont peu fréquentes dans une population donnée.

Pour de nombreux auteurs, ces variations de la formule chromosomique peuvent être dans certains cas, au même titre que les mutations ponctuelles des gènes, un élément d'évolution d'une espèce – tout au moins lorsque ce changement est susceptible d'induire des changements de phénotype et lorsque ceux-ci restent compatibles avec la survie de l'individu.

5.3. Les aberrations chromosomiques

Il arrive que les altérations du stock chromosomique soient profondes et entraînent de graves problèmes de santé pour l'individu qui les porte. Ces anomalies chromosomiques portent soit sur le nombre des chromosomes, soit sur leur structure.

Les anomalies de type numérique sont principalement dues à une mauvaise séparation des chromosomes appariés au cours de la mitose ou de la méiose. Lorsque le caryotype comprend un multiple exact du nombre haploïde (3n ou 4n, par exemple), la cellule ou l'organisme sont dits polyploïdes. Si le nombre n'est pas un multiple exact, on parle d'aneuploïdie. La trisomie 21 (ou syndrome de Down) est un exemple d'aberration de ce type : elle est caractérisée par la présence de trois chromosomes 21 au lieu des deux habituels. La principale cause de l'aneuploïdie est une distribution inégale du stock chromosomique lors de la formation des cellules sexuelles.

Les aberrations de la structure chromosomique résultent d'une cassure d'un chromosome suivie d'une reconstruction anormale. Elles peuvent apparaître à la suite de divers mécanismes. La délétion (perte pure et simple d'un fragment du chromosome) peut concerner sa partie terminale ou une portion comprise entre deux points de rupture. La duplication aboutit à l'intégration d'un fragment supplémentaire de chromosome tout en créant une délétion dans un autre chromosome. Dans d'autres cas, si la cassure d'un chromosome est mal réparée, le fragment peut être « ressoudé » à l'envers (inversion) ou intégré en un tout autre site (translocation).

Voir aussi les articles : aberration chromosomique, délétion.

6. La structure des chromosomes

Les chromosomes et la chromatine sont constitués de protéines et d'acides nucléiques (ADN).

6.1. L'ADN chromosomique

La quantité d'ADN contenue dans une cellule est constante pour une espèce vivante donnée, exception faite des cellules reproductrices (gamètes : ovules et spermatozoïdes), dont le stock est divisé par 2. Cette quantité a été estimée à 0,4 picogrammes (pg) chez la mouche et à 5,86 pg chez le chien, par exemple. Pour l'homme, les estimations de la quantité d’ADN d’une cellule ont donné 7,3 pg. L’ensemble des 46 chromosomes d’une cellule humaine déroulés, mis bout à bout, représenterait une longueur totale de 2,36 m.

La molécule d'ADN est formée d'un double enchaînement ordonné de nucléotides complémentaires (fibre bicaténaire, ou duplex) de 2 nm de diamètre. Cet arrangement définit sa structure primaire globalement linéaire ; mais par les propriétés physicochimiques de ses composants, l'ADN adopte une configuration en double hélice qui correspond à sa structure secondaire. Selon les cas, on compte entre 9 et 11 bases par tour d'hélice. Cette molécule bicaténaire est relativement rigide le long de son axe et subit, par conséquent, de nombreuses contraintes dans l'architecture des chromosomes. Chez l'homme, un chromosome peut mesurer une dizaine de micromètres de long pour 0,5 mm de diamètre : l'ADN est donc fortement compacté au sein d'une structure qui inclut aussi de nombreuses protéines.

6.2. Les protéines chromosomiques

Elles appartiennent à deux groupes, celui des histones, très homogène, et celui des non-histones, qui comportent plusieurs centaines de types différents.

Par leur richesse en acides aminés, telles la lysine et l'arginine, qui à eux seuls peuvent constituer près de 25 % de la chaîne polypeptidique, les histones sont des protéines basiques. Elles ont une forte affinité entre elles, mais aussi avec les acides nucléiques comme l'ADN et avec les protéines non histones. Si l'on considère leur structure primaire, ou séquence d'acides aminés, on constate une remarquable constance, même pour des espèces d'eucaryotes fort éloignées. Ce qui laisse à penser que le rôle de ces protéines est identique pour toutes les espèces et que la moindre anomalie de séquence doit être mortelle pour l'organisme. On a découvert qu’elles jouent, notamment, un rôle dans la répression et l’activation de la transcription des gènes.

Les protéines histones sont réparties en cinq types majeurs : H1, H2A, H2B, H3 et H4.

Les protéines non histones forment un groupe très hétérogène du fait de la diversité des rôles qu'elles assurent. Certaines d'entre elles interviennent, tout comme les histones, dans l'architecture du chromosome. La myosine et l'actine, par exemple, qui sont également les protéines contractiles fondamentales du muscle, pourraient entrer en action lors de la condensation et la décondensation des chromosomes. On trouve par ailleurs des protéines, dont le rôle est d'assurer la réplication et la réparation des brins d'ADN, et toutes les enzymes, substances protéiniques, nécessaires à la transcription des gènes en ARN.

6.3. La structure de base des chromosomes

Quel que soit l'aspect qu'il présente, la structure de base du chromosome est la fibre nucléosomique. Révélée à la fin des années 1950 par des diagrammes de diffraction des rayons X, cette structure ressemble à un chapelet de perles dont le fil connecteur serait l'ADN et les perles des groupements d'histones. C'est Arthur Kornberg qui en 1974, sur la base de clichés réalisés en microscopie électronique, proposa un modèle pour décrire cet arrangement.

Le nucléosome, unité de base, serait constitué par un assemblage protéique contenant 8 histones, identiques deux à deux (2 × H2A, 2 × H2B, 2 × H3, 2 × H4). Le filament d'ADN s'enroulerait autour de cette structure en faisant deux tours de spire à la manière d'un fil s'enroulant sur un court cylindre (110 Å de diamètre sur 57 Å de hauteur) ; la continuité du filament d'ADN assure également le lien entre les différents nucléosomes.

L'organisation du nucléofilament dans la chromatine est encore plus complexe. Des filaments environ trois fois plus épais que la fibre nucléosomique (soit d'un diamètre de près de 30 nm) seraient le résultat de la condensation de la fibre nucléosomique. Deux modèles ont été proposés pour en décrire l'organisation : en solénoïde et en superboules. Dans le premier, la fibre nucléosomique s'enroulerait en une spirale dont chaque tour serait formé de 6 nucléosomes. Dans le second, la fibre chromosomique serait formée par la juxtaposition de boules contenant 12 nucléosomes. La stabilité de ces deux structures serait assurée par les protéines histones de type H1.

Un des stades privilégiés de la division cellulaire pour étudier les chromosomes est la métaphase. En effet, à ce moment, ils sont complètement individualisés en chromatides, et la condensation, amorcée au début de la phase de division, est maintenant terminée. Les chromatides formées correspondent à un degré d'organisation supplémentaire de la fibre chromosomique décrite précédemment.

Dans cette organisation, les protéines non histones jouent un rôle très important. On a pu isoler et purifier une trentaine d'entre elles, ce qui ne représente qu'un millième de la quantité d'histones constituant le chromosome. Ces protéines forment le squelette longiligne qui donne sa forme générale à la chromatide ; la fibre chromosomique, qui s'enroulerait autour de cet axe, formerait au préalable des sortes de petites pelotes, les microconvules, de 52 nm de diamètre, contenant l'ADN. Ce nouveau chapelet se disposerait alors autour de l'axe de protéines non histones. Une estimation avance que le chromosome humain le plus grand pourrait être composé de plus de 4 000 de ces microconvules.

7. La duplication des chromosomes

Toute division cellulaire (mitose, première division de la méiose) est précédée d'une duplication de l'information génétique, afin que celle-ci puisse être transmise dans son intégralité aux cellules filles. Cette duplication est assurée par la réplication de l'ADN , qui aboutit à la formation de deux longues molécules linéaires en tous points semblables. Elle s'effectue selon un modèle dit semi-conservatif, dans lequel chaque brin de la double hélice engendre un brin complémentaire puis s'y associe.

La réplication est un phénomène biochimique très complexe nécessitant la participation de nombreuses enzymes dont le rôle est de dérouler le filament d'ADN, de séparer les deux brins, de synthétiser les brins complémentaires et, enfin, de reconstituer la structure native, en double hélice, des brins fils.

→ ADN.

8. La parenté chromosomique de l'homme

Les scientifiques ont généralement recours à la morphologie, à l'anatomie et à la physiologie pour déterminer les liens évolutifs entre différentes espèces. Mais ces liens peuvent être établis par l'analyse de la formule chromosomique. Depuis Darwin, les biologistes ont admis que l'homme et les grands singes (chimpanzé, gorille, orang-outan…) ont une parenté commune ; elle a été confirmée par l'étude de leur formule chromosomique.

L'homme a 23 paires de chromosomes ; les grands singes, leurs plus proches cousins, en ont 24. Une analyse plus fine a montré que 13 des paires humaines sont rigoureusement identiques à celles du chimpanzé et que les paires restantes ne se distinguent que par de subtils remaniements. Quant au chromosome 2 de l'homme, il correspond tout simplement à la fusion de deux chromosomes du chimpanzé.

Les scientifiques se demandent à présent pourquoi des différences aussi minimes peuvent se traduire par des divergences morphologiques et comportementales aussi importantes.