je (j' devant un verbe commençant par une voyelle ou un h muet)

pronom personnel

(latin ego)

Définitions de je


  • Forme atone du pronom personnel, sujet du verbe à la première personne du singulier, désignant le locuteur, la personne qui parle, sans distinction de sexe : Je mange. J'aime. Que dis-je ? Qu'ai-je fait ?

Homonymes de je


  • jeu nom masculin

Difficultés de je


  • EMPLOI

    Inversion de je. Dans l’interrogation et l’exclamation, on ne peut employer je après un verbe dont la forme conjuguée n’a qu’une syllabe, sauf pour : ai-je ? dis-je ? dois-je ? puis-je ? suis-je ? vais-je ? vois-je ? En dehors de ces exceptions, on emploie est-ce que : est-ce que je sers ?est-ce que je dors ? - On évite également, pour des raisons d’euphonie, l’inversion de je après les verbes en -ge, même s’ils comportent plusieurs syllabes, et dans tous les cas où cette inversion peut prêter à équivoque : est-ce que je mange ? est-ce que je songe ?est-ce que je réponds ? (Et non : *mangé-je ? *songé-je ? *réponds-je ?) → est-ce que.

  • REGISTRE

    La forme en employée avec je à la première personne de l’indicatif présent des verbes du premier groupe (et dussé-je, eussé-je, puissé-je), dans l’interrogation ou l’exclamation avec inversion du pronom, appartient au registre littéraire ou très soutenu. Le final du verbe se prononce ouvert (comme ait).

  • ACCORD

    Si la personne qui dit je est une femme, l’adjectif qui s’y rapporte est toujours au féminin : je, soussignée Pierrette Audry, épouse Tarou...


Citations avec je


  • Samuel Beckett (Foxrock, près de Dublin, 1906-Paris 1989)
    Je dis je en sachant que ce n'est pas moi.
    L'Innommable, Éditions de Minuit
  • Francis Ponge (Montpellier 1899-Le Bar-sur-Loup 1988)
    Je : cette apparition mince et floue, qui figure en tête de la plupart de nos phrases.
    Réflexions sur les statuettes, figures et peintures d'Alberto Giacometti, Gallimard
  • Arthur Rimbaud (Charleville 1854-Marseille 1891)
    Car Je est un autre. Si le cuivre s'éveille clairon, il n'y a rien de sa faute. Cela m'est évident : j'assiste à l'éclosion de ma pensée […].
    Correspondance, à Paul Demeny, 15 mai 1871
  • Simone Weil (Paris 1909-Londres 1943)
    Nous ne possédons rien au monde - car le hasard peut tout nous ôter - sinon le pouvoir de dire je. C'est cela qu'il faut donner à Dieu, c'est-à-dire détruire.
    La Pesanteur et la Grâce, Plon

Mots proches

Si un homme reste coi, une femme reste quoi ?