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interruption volontaire de grossesse (I.V.G.)

Cet article est extrait de l'ouvrage « Larousse Médical ».

Avortement provoqué au tout début de la grossesse.

Un avortement pour raisons médicales porte le nom d’avortement thérapeutique. L’interruption volontaire de grossesse, ou I.V.G., est, comme son nom l’indique, un choix de la femme. Cependant, l’I.V.G. est soumise à une législation qui diffère selon les pays, mais s’inscrit dans un cadre précis (date de la grossesse, informations, accompagnement indispensable).

Technique

Elle varie selon certaines données, qui sont l’avancement de la grossesse, l’âge de la femme et certains facteurs (consommation de tabac, par exemple).

Avant 49 jours d’aménorrhée, le traitement médical (association de RU 486, ou mifépristone, et de prostaglandines) est efficace. Il n’est exclu que pour les grandes fumeuses de plus de 37 ans, à cause des risques cardiovasculaires liés aux prostaglandines. Actuellement se développe l’utilisation du RU486 en médecine de ville, dans le cadre de réseaux médicaux reliés par convention aux centres de régulation des naissances. L’aspiration endo-utérine sous anesthésie verbale (méthode de Karman), praticable à ce stade, est plutôt réservée aux grossesses plus avancées.

Entre 49 et 98 jours d’aménorrhée, l’aspiration endo-utérine, effectuée sous anesthésie locale ou générale, est indiquée. Une fois le col de l’utérus dilaté par une méthode mécanique (pose de bougies ou de laminaires) ou médicamenteuse (RU 486), un cathéter, dont la dimension varie selon le stade de la grossesse, est introduit par le canal cervical dans la cavité utérine. Il est relié à une pompe à vide qui permet d’aspirer le contenu utérin. Un curetage permet si besoin de s’assurer que l’utérus est vide. L’intervention, peu douloureuse, dure de 3 à 5 minutes et la patiente peut habituellement repartir chez elle après quelques heures de repos.

Au-delà de 14 semaines d’aménorrhée, une interruption volontaire de grossesse n’est plus autorisée en France.

Surveillance et effets secondaires

Après une interruption volontaire de grossesse, un saignement minime est normal pendant quelques jours, avec une recrudescence passagère le 3e jour, mais il ne doit y avoir ni pertes vaginales anormales, ni vomissements, ni fièvre, ni endolorissement abdominal. Le repos, l’absence d’efforts physiques intenses assurent le rétablissement en quelques jours. Les bains et les tampons vaginaux sont déconseillés. De 8 à 15 jours après l’interruption volontaire de grossesse, une consultation dans le centre où celle-ci a eu lieu est recommandée afin de poursuivre l’information sur la contraception. Les complications, infection par rétention placentaire, hémorragie secondaire, sont faibles, moins de 1 %. Les risques de mortalité sont évalués à 1 pour 100 000.

Le retentissement d’une I.V.G., minime au plan physique, est parfois important au plan psychologique malgré la précocité de l’intervention et le caractère délibéré de la décision. Il faut à certaines femmes plusieurs semaines, voire des mois, pour s’en remettre ; une aide psychologique se révèle parfois utile. Le rôle des conseillères des centres de régulation des naissances est extrêmement important.

Les rapports sexuels peuvent reprendre dans la semaine qui suit une telle intervention, mais la femme doit impérativement adopter une méthode contraceptive.

DROIT

Avant le développement des méthodes contraceptives, l'avortement provoqué volontairement (par opposition à l'avortement spontané, ou « fausse-couche », et à ne pas confondre avec l'avortement thérapeutique, pratiqué pour des raisons médicales) était le seul recours contre une grossesse non désirée. Interdit, il était pratiqué clandestinement dans des conditions d'hygiène douteuses ; outre les séquelles physiques ou morales et les risques d'arrestation et d'emprisonnement, la femme mettait sa vie en péril.

La législation sur l'avortement tend aujourd'hui à la libéralisation, mais de nombreux pays, notamment parmi ceux qui sont en développement, gardent des lois très restrictives. L'U.R.S.S. est le premier pays du monde à avoir supprimé, en 1917, l'interdiction d'avorter. Or, cette interdiction subsiste en Irlande et à Malte, membres de l'Union européenne, ainsi que dans plusieurs pays d'Amérique latine. Les Pays-Bas, qui possèdent l'une des législations les plus libérales en la matière, présentent le taux d'avortement le plus bas du monde.

L'interruption de la grossesse est toujours au centre d'un débat qui pèse sur l'évolution des législations. Ainsi, aux États-Unis, malgré la légalisation de l'avortement en 1973, l'interruption d'une grossesse non désirée est encore difficile dans certains États.

En France, la loi Veil du 17 janvier 1975 autorise l'IVG lorsqu'elle est pratiquée avant la fin de la 10e semaine de grossesse sur une femme enceinte que son état place dans une situation de détresse – et à n’importe quelle date pour une interruption thérapeutique –, ou pour un motif thérapeutique. Elle est confirmée par la loi Pelletier du 31 décembre 1979.

En 1993, la loi Neiertz instaure un délit d’entrave à l’IVG.

Avec la loi du 4 juillet 2001, le délai légal de l'IVG est porté de 10 à 12 semaines de grossesse (14 semaines d’aménorrhée). De plus, le consentement parental n'est plus obligatoire pour les mineures, qui peuvent se faire assister par un adulte référent.

La loi du 4 août 2014 abandonne l'expression « une femme enceinte que son état place dans une situation de détresse » pour la remplacer par « une femme qui ne veut pas poursuivre une grossesse ».

Législation sur l'IVG dans quelques pays

LÉGISLATION SUR L'INTERRUPTION VOLONTAIRE DE GROSSESSE DANS QUELQUES PAYS

Pays

Légalisation

Motif

Délai

Conditions

Assurance sociale

BelgiqueOui
(1990)
Requête : « femme en situation de détresse »2 semaines d'aménorrhéeDélai de réflexion de 6 jours après entretien médico-social. Établissement de soinsNon (remboursement partiel par les mutuelles)
CanadaOui
Pas de législation fédérale. Dépend de chaque province
(1988)

Pas de requête particulière

Pas de délai légal, mais limite éthique et médicale à 22/24 semainesSelon les provincesCouverte par le régime d'assurance maladie en cas de nécessité médicale
FranceOui
(1975, 2001, 2004)
Requête : « femme en situation de détresse »14 semaines d'aménorrhéeCertificat d'un médecin

Centre agréé public ou privé

Oui (70 %)
LuxembourgOui
(1990)
Requête : « femme en situation de détresse particulière »14 semaines d'aménorrhéeRapport d'un médecin agréé

Délai de réflexion (6 jours)

Oui (remboursement partiel selon le régime d'assurance maladie)
SuisseOui
(1942, 2002)
Requête de la femme ou de son représentant légal, ou consentement écrit : « risque pour la santé mentale ou physique » de la femme ; situation de détresseJusqu'à 12 semaines d'aménorrhée puis sur avis médical à partir de la 13e semaineRapport d'un médecin agréé, précédé d'un examen gynécologiqueOui (remboursement partiel ou total selon le régime d'assurance maladie)

Voir : méthode de Karman, contrôle des naissances, orthogénisme.