paraphrase

(littéralement, désigne une œuvre musicale dérivée, par transformation, d'une œuvre existante)

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire de la musique ».

1. On a eu tendance à appeler ainsi toute œuvre polyphonique des xve et xvie siècles (messes et motets), écrite sur un thème emprunté servant de cantus firmus. C'est le cas, en particulier, des nombreuses messes l'Homme armé, qui sont en fait des messes à teneur. La paraphrase nécessite un travail du thème à toutes les voix, se présentant le plus souvent sous forme d'un développement par sections : la mélodie utilisée est divisée en sections qui sont tour à tour développées et ornées, la pièce se terminant après le développement de la dernière section. Cette technique fut plus particulièrement mise au point par Josquin (messes Pange lingua, Ave maris stella, …) et devint par la suite une composante du style de Palestrina, qui a écrit environ 36 messes-paraphrases (la Messe du pape Marcel, par exemple). Il faut également se garder de confondre ce type d'écriture avec la parodie, qui n'est qu'une adaptation assez libre d'un modèle polyphonique existant (la moitié des messes de Palestrina sont des messes-parodies).

2. Désigne au xixe siècle des pièces instrumentales basées sur des mélodies célèbres de l'époque, souvent tirées (mais pas toujours) d'un opéra, et développées très librement de façon à permettre à l'interprète d'exhiber sa virtuosité. Elles portent également le nom de transcriptions, fantaisies, etc., et ont surtout été écrites pour le piano (une grande partie de l'œuvre de F. Busoni est constituée de paraphrases, comme celle sur la Chaconne de J.-S. Bach). Les plus réussies sont sans aucun doute celles de Fr. Liszt, qui paraphrase des opéras (Rigoletto, Tannhäuser, Lucia di Lammermoor, etc.), des lieder de Schubert (la Truite, le Roi des aulnes, etc.) et diverses pièces instrumentales célèbres.