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gonadotrophine ou gonadostimuline ou hormone gonadotrope

Cet article est extrait de l'ouvrage « Larousse Médical ».

Hormone sécrétée par l'hypophyse (glande endocrine située à la base du cerveau), qui stimule l'activité et la sécrétion hormonale des gonades (ovaires et testicules).

Il existe deux gonadotrophines : l'hormone lutéinisante, appelée également lutéotropine ou LH, et l'hormone folliculostimulante, connue aussi sous le nom de folliculotropine, ou FSH. Elles sont identiques chez l'homme et chez la femme. Elles possèdent une partie commune (sous-unité alpha) et une partie spécifique (sous-unité bêta).

Chez le fœtus et le nouveau-né

Chez le fœtus, les gonadotrophines sont détectées dès les premières semaines. Dans le sexe masculin, elles induisent la sécrétion de testostérone par les testicules qui viennent d'être formés. La testostérone va parachever la masculinisation des organes génitaux. Dans le sexe féminin, les gonadotrophines permettent de fixer à la naissance le nombre définitif d'ovocytes. Ils assureront plus tard, après deux poussées ovocytaires, la vie génitale de la future femme.

À la naissance, on assiste, dans les deux sexes, à une mini-puberté.

Chez le nouveau-né garçon, on observe au premier jour de la vie une augmentation transitoire de LH et de la testostérone, qui reprend à la fin de la première semaine, atteignant vers le 45e-60e jour un taux semblable à celui de la puberté. Vers le quatrième mois, les taux redescendent pour se stabiliser au niveau de ceux du garçon impubère.

Chez le nouveau-né fille, l'activité des gonadotrophines, notamment de la folliculotropine (FSH), est plus irrégulière. La FSH entraîne des pics d'œstradiol (hormone stéroïde fabriquée par les ovaires) équivalents à ceux de la puberté. Mais les variations sont très brèves. Suivant un mécanisme de rétrocontrôle, chaque augmentation d'œstradiol inhibe la libération de FSH, ce qui, en retour, fait chuter le taux d'œstradiol. FSH et œstradiol atteignent des valeurs maximales vers le 3e-4e mois.

À la puberté

Le déclenchement de la sécrétion des gonadotrophines se fait à la puberté. Leur production par l'hypophyse dépend de la libération par une région cérébrale voisine, l'hypothalamus, d'une hormone, la gonadolibérine (GnRH ou LH-RH). Les gonadotrophines agissent en stimulant les gonades, qui produisent alors des hormones sexuelles – testostérone chez le garçon, œstradiol chez la fille –, lesquelles agissent à leur tour sur l'hypophyse et l'hypothalamus, freinant la sécrétion des gonadotrophines et de la gonadolibérine et assurant ainsi par rétrocontrôle la régulation de leur production.

Chez la femme, les gonadotrophines sont indispensables au déroulement normal de l'ovulation pendant le cycle menstruel, à la maturation des follicules ovariens et à la production d'une quantité adéquate d'œstradiol et de progestérone, hormones qui préparent la muqueuse utérine à l'éventuelle implantation d'un œuf fécondé. À la ménopause, les taux des hormones folliculostimulante et lutéinisante s'élèvent considérablement (20 fois pour la première, de 3 à 5 fois pour la seconde), la production d'œstradiol par les ovaires, dont la réserve folliculaire est épuisée, ayant cessé.

Chez l'homme, les gonadotrophines stimulent la production des androgènes et des spermatozoïdes à partir de la puberté et pendant toute la vie.

Utilisation thérapeutique

L'hormone folliculostimulante et l'hormone lutéinisante sont utilisées pour stimuler l'ovulation chez la femme dont les cycles menstruels sont absents et pour stimuler la production de spermatozoïdes chez l'homme atteint de déficit en gonadotrophines. Ces hormones sont purifiées à partir des urines de femmes ménopausées ou produites par génie génétique. L'hormone lutéinisante peut être remplacée par l'hormone chorionique gonadotrophique, en raison de leur grande similarité.