En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour vous proposer des publicités adaptées à vos centres d’intérêts, réaliser des statistiques ainsi qu’interagir avec des réseaux sociaux.

Pour en savoir plus et paramétrer les cookies

Identifiez-vous ou Créez un compte

adolescence

Cet article est extrait de l'ouvrage « Larousse Médical ».

Période de l'évolution de l'individu, conduisant de l'enfance à l'âge adulte.

Elle débute à la puberté (vers 11-13 ans chez la fille, 13-15 ans chez le garçon) et s'accompagne d'importantes transformations biologiques, psychologiques et sociales.

Transformations physiques

L'adolescence signe l'accès à la maturité génitale, avec le développement des gonades (glandes reproductrices, ovaires, testicules) et des caractères sexuels secondaires (signes extérieurs de la différence des sexes). La croissance s'accélère, d'abord chez la fille, plus tardivement chez le garçon. La voix mue, la morphologie se transforme selon les sexes (→ puberté).

Chez le garçon, on note un accroissement du volume testiculaire et de la longueur du pénis, avec la survenue des premières éjaculations. La masse musculaire devient plus importante, les épaules s'élargissent. Plus tardivement, la pilosité de type masculin (visage, torse, membres, aisselles, pubis) commence à s'installer.

Chez la fille, l'utérus et les ovaires augmentent de volume. Les règles succèdent à la première poussée mammaire, après un intervalle de 2 ans environ. Les formes s'épanouissent (seins, hanches, bassin), avec apparition de la pilosité de type féminin (triangle pubien, aisselles).

Transformations psychologiques

L'adolescence est une période normale de conflits, nécessaire à l'équilibre ultérieur, et dont la complexité ne se prête guère aux discours trop généralisateurs. On peut cependant la considérer comme une évolution dynamique, ayant pour finalité l'autonomie, l'identité et l'adaptation sexuelle. L'adolescent ressent le besoin de sortir de lui-même, d'élargir ses intérêts au-delà du cercle familial. À l'identification aux parents se superpose l'identification au même groupe d'âge, au héros collectif, à la « bande ». Le jeune y forge ses opinions sur la vie, intériorise un code moral, étanche sa soif d'absolu à des sources multiples : passion pour des causes altruistes comme pour la mode, goût de la performance, engagement intellectuel, vocation artistique, adhésion intense à des opinions pouvant concerner aussi bien les grands idéaux que les événements du quotidien. Il est en quête de valeurs, fournies par un aîné d'expérience, professeur, grand-parent, « maître à penser », tout en rejetant les normes qu'il juge périmées.

Ici intervient le classique « conflit des générations ». Si le jeune s'exprime par affirmations ou négations tranchées, sans souci des contradictions, il n'en recherche pas moins le débat. Ce désir de débattre, l'adulte ne doit pas le confondre avec de la provocation. Or, la crise d'adolescence ravive souvent, chez les parents, un écho de leurs difficultés passées. En guise de réponse, l'adulte tend à projeter sur le jeune ses conflits non résolus, tout en oubliant certaines réalités. Il n'est pas si facile de se détacher d'une enfance encore proche pour affronter une société mal déchiffrable, elle-même en proie à des transformations et à des contradictions continuelles, et qui ne donne pas toujours le « bon exemple » qu'elle voudrait imposer. En dépit des apparences, l'adolescent est celui qui a le moins d'indulgence pour lui-même. Face à son corps, à ses capacités de séduction, il peut vivre un sentiment d'insécurité, voire de honte.

Il se trouve en même temps tenaillé par la reviviscence de complexes infantiles. Le jeune, si enclin à la révolte, a l'inquiétude de la normalité. Il importe de lui assurer que la qualité de l'expérience amoureuse passe avant les moyennes statistiques, d'interprétation si relative.

Il appartient également à l'adulte de ne pas le déstabiliser par de l'ironie ou de la gêne, quant aux problèmes de sa puberté (premières règles, acné, particularités de l'esthétique corporelle). Une masturbation, exutoire souvent culpabilisant, un attachement homosexuel transitoire, qui traduit la recherche idéalisée d'un double, d'un confident, ne doivent pas être blâmés. En raison du frein apporté à la libération sexuelle par la crainte du sida, de l'effacement des structures familiales, de l'incertitude de l'avenir professionnel, l'adolescent d'aujourd'hui, qui ne bénéficie plus des anciens systèmes de référence, dépend d'autant plus d'une coopération et d'un dialogue sincère avec l'adulte pour aborder des problèmes tels que la contraception, la prévention de la délinquance, de la toxicomanie et des autres conduites à risques, du sida, etc. Il a aussi besoin de l'adulte pour parler du bonheur, du sens de la vie. Ainsi les élans du cœur et de l'esprit, si riches durant cet « âge ingrat », auront-ils une chance de ne pas disparaître avec lui.

Actuellement, l’adolescence a tendance à se prolonger.

Troubles de l'adolescence

Les troubles physiques à dépister en priorité concernent la locomotion (scoliose), les dents (caries, dents de sagesse) et la peau (acné). Les fonctions visuelles et auditives sont à surveiller également. L'examen gynécologique doit être clairement expliqué à la jeune fille. Des modifications du poids et de l'alimentation peuvent être liées à un surmenage, à un manque de sommeil, mais aussi à une affection méconnue.

Les troubles du comportement sont variés et souvent bénins, même s'ils offusquent l'entourage. La « crise d'originalité juvénile » est moins à redouter par ses excès que par son absence. Le repli sur soi, la persistance d'un comportement enfantin, surtout s'ils s'accompagnent d'un fléchissement scolaire et d'une disparition de tout plaisir, devraient autant alerter les parents qu'une trop bruyante « fureur de vivre ». De tels signes précèdent ou accompagnent souvent une dépression mais peuvent aussi évoquer une pathologie plus grave de la personnalité. Ils sont des signes d’alarme à évaluer en fonction du contexte et des antécédents. La toxicomanie, la délinquance, l'anorexie, la boulimie, le suicide, constituent d'autres risques préoccupants. Une sécheresse buccale, le besoin continuel de boire, une rougeur conjonctivale peuvent trahir une consommation de drogue. Une fugue ne doit jamais être ni dramatisée ni banalisée. La consultation, médicale ou spécialisée, est toujours souhaitable. Dans tous les cas, le pronostic dépend de la qualité et de la solidité des images parentales, qui aident l'adolescent à reprendre conscience de sa propre valeur, à s'aimer lui-même afin de mieux aimer autrui.

Voir : acné, pédopsychiatrie.