En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour vous proposer des publicités adaptées à vos centres d’intérêts, réaliser des statistiques ainsi qu’interagir avec des réseaux sociaux.

Pour en savoir plus et paramétrer les cookies

Identifiez-vous ou Créez un compte

Scanner à rayons X ou scanner RX ou tomodensitomètre

Scanner du cerveau
Scanner du cerveau

Cet article est extrait de l'ouvrage « Larousse Médical ».

Appareil d'imagerie médicale utilisant les rayons X et l’informatique pour produire (point par point ou pixel par pixel) des images en coupes d'une région anatomique, ou scans RX.

Le terme « scanner » est souvent utilisé pour décrire l’examen lui-même et non l’appareil. L’examen est aussi appelé tomodensitométrie (T.D.M.).

Les images obtenues sont largement plus informatives que celles des radiographies classiques. Des capteurs remplacent le film radiographique à 4 valeurs, du noir au blanc (noir, gris sombre, gris clair et blanc), par le calcul informatique sur une échelle de 2 000 valeurs de gris, du noir au blanc, au moins. L’information anatomique atteint une résolution inframillimétrique. L’information « de densité » – relative à l’absorption des rayons X et retranscrite en valeurs de gris sur les images – est considérablement améliorée par rapport aux radiographies et permet une étude détaillée des structures osseuses et des parties molles.

Le scan RX est devenu un examen d’imagerie courant. Il peut être réalisé sans ou avec injection de produit de contraste iodé et, parfois, avec une préparation spéciale, pour les examens digestifs par exemple.

Historique

Le premier scanner à rayons X, inventé en 1972 par l'ingénieur britannique Godfrey Newbold Hounsfield (prix Nobel de médecine et de physiologie) était un appareil conçu pour la seule imagerie en coupes de la tête : sans ponction, ni ouverture du crâne, il devenait « facile » d’obtenir des images de la tête, en particulier du cerveau, des ventricules cérébraux et des espaces liquidiens qui l'entourent. Secondairement, sur le même principe, il a été inventé des appareils d’imagerie en coupes du « corps entier », maintes fois améliorés depuis. Les scanners RX actuels utilisent des acquisitions volumiques et toutes les fonctionnalités de l’informatique pour manipuler les images dans l’espace.

Indications

Le scan RX de la tête, ou scan RX cérébral, est l’examen d’imagerie de première intention de la tête. Sur les images, on peut reconnaître des aspects normaux (en cas de migraines, par exemple) et des aspects lésionnels traumatiques (hématomes), vasculaires (accidents vasculaires cérébraux), tumoraux, infectieux, malformatifs ou autres.

Certaines indications peuvent justifier une injection intraveineuse de produit de contraste iodé, pour caractériser des « prises de contraste lésionnelles » ; mais ce sont aussi souvent des indications d’I.R.M. de la tête, qui s’avère alors un bon complément du scan RX sans injection. Le scan RX de la tête connaît des déclinaisons en fonction de la région d’intérêt : scan RX orbitaire, explorant particulièrement les parois orbitaires (recherche de fracture), les yeux, les nerfs optiques et leurs méninges, les muscles et les compartiments graisseux ; scan RX des sinus de la face (bilan de sinusite) ; scan RX du massif facial ; scan RX des rochers, explorant particulièrement les structures fines de l’oreille moyenne (les osselets) et de l’oreille interne (organes de l’audition et de l’équilibre) ; scan RX dentaire, etc.

Le scan RX de la colonne vertébrale ou du rachis permet une étude détaillée des vertèbres, des disques intervertébraux, du canal rachidien et des parties molles de voisinage. Il peut s’agir d’un scan RX lombaire, plus particulièrement indiqué dans l’exploration des sciatiques et autres douleurs radiculaires des membres inférieurs (lorsqu’une indication chirurgicale est envisagée), d’un scan RX cervical, plus particulièrement indiqué dans l’exploration des névralgies cervico-brachiales ou douleurs radiculaires des membres supérieurs, de scan RX du segment thoracique. Pour des raisons dosimétriques, le scan RX du rachis doit rester localisé. L’I.R.M. du rachis et du contenu canalaire est préférable pour une vue d’ensemble. L’I.R.M. est indiquée en première intention en cas de pathologie de la moelle épinière.

Le scan RX du thorax permet une étude fine de la structure des poumons, des plèvres, de la cage thoracique, ainsi que du médiastin, qui comporte le cœur et les gros vaisseaux (l’aorte par exemple), la trachée et l’œsophage. C’est, pour les poumons, un examen complémentaire des radiographies. Il a conduit à l’abandon des tomographies pulmonaires. La réalisation de l’examen peut être déclinée sans ou avec injection de produit de contraste iodé. Certains scanners RX de haut de gamme permettent une imagerie morphologique et fonctionnelle du cœur, ou scan RX cardiaque. Avec une injection de produit de contraste iodé, ils permettent de réaliser un scan RX des artères coronaires ou coronaro-scan RX.

Le scan RX abdomino-pelvien permet une étude fine de toute la région de l’abdomen, du bassin ou pelvis et des structures profondes postérieures dites rétropéritonéales, comme les reins et le pancréas. Les organes pleins, comme le foie, la rate et les reins, sont directement évaluables, avec ou sans injection de produit de contraste iodé. Une injection est nécessaire pour l’opacification des voies urinaires, des reins à la vessie. Les organes creux (le tube digestif) peuvent nécessiter une opacification par un produit de contraste iodé hydrosoluble administré par voie orale ou par lavement rectal. Une préparation digestive spéciale est nécessaire pour la réalisation d’un coloscan RX. Les organes génitaux sont inclus dans l’étude.

Dans le bilan des lésions tumorales, le scan RX explore le thorax puis la région abdomino-pelvienne et, enfin, la tête.

En pathologie ostéo-articulaire, le scan RX est aussi nettement plus performant que les radiographies. Il étudie les structures osseuses (recherche de fracture ou d’autres lésions osseuses) et les parties molles, musculaires et autres, qui relèvent aussi d’une exploration par échographie et parfois par l'I.R.M.

En pathologie vasculaire, le scan RX avec injection de produit de contraste iodé a aussi des indications dites d’angio-scan RX. Elles participent en particulier à l’évaluation des lésions « d’artérite » ou d’athérome, quel qu’en soit le siège, et plus encore pour l’étude des sténoses carotidiennes (en pathologie vasculaire cérébrale) et des anévrysmes intracrâniens.

En complément d’un acte de radiologie conventionnelle, un scan RX peut être réalisé, souvent avec administration de produit de contraste : myélo-scan RX après une myélographie, arthro-scan au décours d’une arthrographie, etc.

La comparaison des résultats d’un examen par scanner RX avec un examen par I.R.M. montre trois supériorités de l’I.R.M. : sa sensibilité est des millions de fois plus élevée car l’imagerie est multiparamétrique alors qu’un scan RX est monoparamétrique ; elle est tridimensionnelle (acquisition dans tous les plans de l’espace alors qu’un scan RX est axial et transverse) ; elle est strictement inoffensive (ondes électromagnétiques de l’I.R.M. contre radiations ionisantes des rayons X). Un inconvénient de l’I.R.M., le champ magnétique intense, en revanche, n’existe pas pour le scanner RX. Les deux techniques sont, en conséquence, complémentaires.

Contre-indications et limitations

Les contre-indications du scanner RX sont essentiellement liées aux risques des produits de contraste iodés. En revanche, il n’existe pratiquement pas de contre-indication à la réalisation d’un scan RX sans injection, dès lors qu’il existe une indication valable de le faire.

Les limitations sont essentiellement d’ordre dosimétrique, liées à l’utilisation de radiations faiblement ionisantes. Elles concernent d’abord la femme enceinte (ou susceptible de l’être) et le fœtus, et ensuite la répétition excessive de scans RX. Il existe quelques autres limitations liées à l’agitation, à une coopération insuffisante du patient ou à des matériels métalliques, sources d’artéfacts, dans la région d’intérêt.

Technique

Le scan RX (tomodensitométrie) consiste à mesurer point par point l’absorption d'un fin faisceau de rayons X par les tissus qu'il traverse (os, tissu mou, eau, air, etc.). Les rayons X sont émis en quantité connue par un tube à rayons X, dont la rotation autour de la région d’intérêt permet le balayage d’un plan de coupe. Pour chaque diamètre de l’image, des détecteurs permettent de mesurer la quantité de rayons X reçue et donc, par différence, la quantité de rayons X absorbée. Pour chaque point (ou pixel) de la coupe, l’ordinateur calcule la valeur d’absorption des rayons X qui caractérise la matière et restitue une image en coupe où l’information morphologique a une valeur anatomique (on y reconnaît l’anatomie en coupes) et où l’absorption des rayons X est retranscrite en valeurs de gris.

Chaque coupe peut être acquise séparément, mais en « mode spiralé » l’acquisition est aujourd’hui volumique, par déplacement combiné du lit durant la rotation continue du tube de rayons  X. Pour des raisons techniques, les coupes sont acquises perpendiculairement au grand axe du corps. L’informatique moderne permet de reconstruire ces coupes dans d’autres plans ou de traiter le volume d’acquisition des images. De nombreuses possibilités de « traitement des images » en découlent.

Préparation et déroulement

La plupart des examens sont réalisés sur rendez-vous, en ambulatoire (sans hospitalisation).

Pour le cas le plus simple, réalisé sans injection et sans préparation, c’est un examen rapide et totalement indolore. Le patient est allongé sur le lit intégré à la machine (habituellement sur le dos, parfois sur le ventre). Le lit coulisse dans l’ouverture ronde de la machine. À sa périphérie se trouve le système formé par le tube à rayons X et les détecteurs qui se met à tourner sur lui-même pendant l’acquisition des images. Le patient collabore à l’examen en restant immobile, parfois en retenant sa respiration pendant une dizaine de secondes. L’acquisition des images ne dure que quelques minutes (le traitement des images est nettement plus long), si bien que le patient est rapidement libéré.

Certains examens nécessitent une injection de produit de contraste iodé habituellement réalisée par voie veineuse au pli du coude. Une deuxième acquisition d’images « après injection » complète alors la série d’images « sans injection ». L’injection du produit de contraste est ressentie comme une sensation de chaleur passagère. Si l’indication est bien posée, l’injection est en général bien tolérée. Mais il existe des limitations et des contre-indications à l’injection. Des préparations digestives sont spécifiques aux scans RX abdomino-pelviens.

Résultats

Au cours de l’examen, le radiologue ou ses collaborateurs délivrent au patient un premier avis et une information sur le mode de transmission des résultats au médecin demandeur et, le cas échéant, lors d’une injection de produit de contraste par exemple, une information sur la conduite à tenir en cas d’effet secondaire. D’une manière générale, il est nécessaire de signaler sans tarder tout effet secondaire au radiologue, même si les soins peuvent relever d’un autre médecin.

Les résultats sont fournis sous forme d’images reproduites sur films, papier ou DVD et d'un compte rendu. Dans son compte rendu, le radiologue fait état de l’indication, de la technique d’examen. Pour la région d’intérêt, il décrit les constatations d’imagerie (ce qui est normal, ce qui ne l’est pas). Il propose une interprétation (diagnostic d’imagerie) qui devra toujours être transmise au médecin demandeur, parfois par l’intermédiaire du patient. Le radiologue peut aussi légitimement conseiller la réalisation complémentaire d’un autre examen d’imagerie.

Voir : imagerie médicale, imagerie par résonance magnétique, produit de contraste.