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épilepsie

Cet article est extrait de l'ouvrage « Larousse Médical ».

Affection caractérisée par la répétition chronique de décharges (activations brutales) des cellules nerveuses du cortex cérébral.

Toute personne peut faire une fois dans sa vie une crise d'épilepsie, également appelée crise comitiale. Il s'agit alors d'une activation exagérée et passagère d'une zone corticale. On ne parle d'épilepsie, ou de maladie épileptique, que dans les cas où les crises se répètent pendant des mois ou des années. Les épilepsies sans cause sont appelées épilepsies primaires idiopathiques ; les autres, provoquées notamment par une tumeur cérébrale ou par une agression cérébrale d'origine toxique (prise de certains antidépresseurs, de neuroleptiques), métabolique (hypoglycémie) ou infectieuse (encéphalite), sont dites secondaires.

On distingue les épilepsies généralisées et les épilepsies partielles selon que la décharge se produit dans tout le cortex cérébral ou seulement dans une région de celui-ci.

ÉPILEPSIES GÉNÉRALISÉES

Ces activations brutales des cellules du cortex cérébral sont essentiellement représentées par le grand mal et le petit mal.

Le grand mal se caractérise par une crise dite tonicoclonique, marquée par une perte de connaissance totale et des convulsions durant de cinq à dix minutes. Après un début très brutal, signalé par un cri, puis une chute souvent traumatisante, la crise se déroule en trois phases : phase tonique, marquée par une contraction intense de tout le corps et souvent une morsure de la langue ; phase clonique, correspondant aux convulsions, secousses brusques et généralisées ; phase résolutive, caractérisée par une respiration bruyante, dite stertoreuse, avec parfois une perte d'urines. Le malade ne garde aucun souvenir de la crise.

Le petit mal, le plus fréquent, appelé absence, débute généralement entre 4 et 6 ans et disparaît à la puberté. Le jeune malade perd brusquement conscience quelques secondes, ne bouge plus, ne répond pas aux questions et son regard devient fixe. Il n'y a pas de chute et la crise peut passer totalement inaperçue.

D'autres épilepsies généralisées se rencontrent dans les encéphalopathies épileptiques du jeune enfant (syndrome de West ou spasmes infantiles, syndrome de Lennox-Gastaut), maladies où une épilepsie est associée à un retard mental.

ÉPILEPSIES PARTIELLES

Ces activations brutales des cellules d'une région du cortex cérébral sont dites simples s'il n'y a pas de troubles de la conscience : elles comprennent alors des manifestations motrices (convulsions limitées à une région, par exemple le bras), sensitives (fourmillements), sensorielles (hallucinations). Les épilepsies complexes, se traduisant par une altération de la conscience, se manifestent par une activité psychomotrice qui peut être simple (mouvements de mastication, battements des pieds) ou plus complexe (fugue), et dont le sujet ne se rend pas compte ; on peut aussi observer des symptômes psychiques (sensation désagréable et intense d'étrangeté, de déjà-vu, de déjà vécu).

Diagnostic

Le diagnostic de l'épilepsie fait appel à l'électroencéphalographie. Le scanner cérébral et l'imagerie par résonance magnétique (I.R.M.) permettent parfois d'en trouver la cause.

Traitement

Le traitement d'une crise de grand mal consiste d'abord en mesures de protection (allongement en position latérale de sécurité, pose d'une canule) et si besoin en une injection intramusculaire de benzodiazépine. Le traitement de fond repose sur la prise de médicaments antiépileptiques pour éviter les récidives des crises. Les épilepsies secondaires ne disparaissent pas toujours avec le traitement de leur cause.

Pronostic

Il est difficile d'établir un pronostic général pour l'épilepsie, celui-ci dépendant de l'existence ou non d'une cause (en particulier, tumeur cérébrale chez l'adulte), de la fréquence des crises et de leur type. Néanmoins, la plupart des épileptiques ont une maladie bien contrôlée par les antiépileptiques et peuvent mener une vie pratiquement normale. Cette qualité de vie est obtenue au prix d'une observation régulière du traitement, qui doit parfois être poursuivi à vie. L'espérance de vie n'est aucunement diminuée dans cette maladie.

L'épilepsie a cependant un retentissement sur la vie privée et professionnelle des patients. Ils doivent en effet respecter une certaine hygiène de vie : heures de sommeil suffisantes et régulières, pas de consommation régulière de boissons alcoolisées. Seuls les patients ayant une épilepsie photosensible (survenant lors d'une stimulation lumineuse intermittente) doivent prendre des précautions lorsqu'ils regardent la télévision, travaillent sur ordinateur ou s'adonnent aux jeux vidéo : pièce suffisamment éclairée, respect d'une distance suffisante entre l'écran et le patient. Dans tous les cas doivent être exclues les activités sportives où une crise peut mettre en jeu la vie du sujet : plongée sous-marine, alpinisme, sports aériens, etc. La baignade en eau peu profonde peut être autorisée si les crises sont bien contrôlées, à condition que le patient soit accompagné. De même, certaines professions sont déconseillées ou proscrites : chauffeur de poids lourd ou de véhicules de transport en commun, personnel navigant des compagnies aériennes, professions où le travail en hauteur est fréquent, etc. Enfin, chez l'enfant épileptique, il existe souvent des difficultés scolaires, dont les causes sont multiples : troubles de l'attention liés au traitement, absentéisme dû aux crises, troubles du caractère.

Voir : antiépileptique.