tout

pronom indéfini

Définitions de tout


  • L'ensemble des choses : Tout est prêt.
  • N'importe quoi : Tout peut arriver.
  • Se référant à un nom exprimé, la totalité des êtres ou des choses (peut être considéré comme un adjectif indéfini sans nom exprimé) : J'ai écrit à plusieurs personnes : toutes ont répondu.
  • La totalité des humains : Ce livre n'est pas accessible à tous.

Expressions avec tout



  • À tout faire,

    qui peut servir en toutes circonstances.
  • Familier. À tout va,

    n'importe où, n'importe comment.
  • Avoir réponse à tout,

    n'être embarrassé par rien.
  • Familier. Avoir tout de,

    avoir tout ce qui entre de désavantageux dans le caractère de tel ou de tel être : Il a tout du singe.
  • Ce n'est pas tout,

    cela ne suffit pas ; il y a encore autre chose.
  • C'est tout,

    il n'y a rien d'autre (fin d'une énumération ou affirmation catégorique).
  • En tout,

    à tous égards, complètement : La réalisation est en tout conforme au plan ; en comprenant l'ensemble, sans rien exclure ; au total : Cela fait mille euros en tout.
  • En tout et pour tout,

    sans rien de plus.
  • Être tout pour quelqu'un,

    être pour lui d'une extrême importance.
  • Tous autant que nous sommes, vous êtes, ils sont,

    nous tous, vous tous, eux tous.
  • Tout (bien) compté, considéré, pesé,

    en tenant compte de toutes les choses, après mûr examen.
  • Tout compris,

    sans rien ajouter ; en particulier, sans dépense supplémentaire.
  • Tout ou partie,

    la totalité ou une partie seulement.
  • Tout ou rien,

    indique l'absence de compromis possible : La politique du tout ou rien.
  • Tout va,

    terme employé dans les casinos pour indiquer que le montant de la mise n'est pas limité ; déclaration d'un banquier, d'un croupier ou d'un ponte indiquant que tout l'argent laissé sur le tapis participe au coup qui va être joué.

Difficultés de tout


  • ORTHOGRAPHE

    Locutions et expressions.
    Avec tout au singulier : à toute allure, à tout bout de champ, à toute force, à tout hasard, à toute heure, à tout prix, à tout propos, à toute vitesse ; de tout cœur, de toute façon, de tout genre, de toute manière, de tout temps ; en tout cas, en tout point, en tout temps ; en toute saison, en toute hâte.
    Avec tout au pluriel : à tous égards, à toutes jambes ; de tous côtés, de toutes pièces ; en toutes lettres, en tous sens ; toutes proportions gardées ; toutes choses égales par ailleurs.
    Avec tout au singulier ou au pluriel : à tout moment ou à tous moments ; de toute part ou de toutes parts ; de toute sorte ou de toutes sortes ; en tout genre ou en tous genres (le singulier est plus fréquent ; de même pour en tout lieu ou en tous lieux ; en toute chose ou en toutes choses ; tout compte fait ou tous comptes faits.

  • ACCORD

    Tout autre.
    Dans tout autre, tout est adjectif et variable quand il se rapporte au nom et signifie « n'importe quel » ; le nom peut alors s'intercaler entre tout et autre : citez-moi toute autre chose qui vous ferait plaisir (= toute chose autre) ; toute autre personne en aurait fait autant (= toute personne autre).
    Tout est adverbe et invariable s'il modifie l'adjectif autre : c'est tout autre chose qui m'aurait fait plaisir (= tout à fait autre chose) ; je vous demande tout autre chose. - Il est également adverbe et invariable dans un tout autre, une tout autre : c'est une tout autre affaire (=une affaire bien différente) ; ce modèle présente de tout autres caractéristiques.

    Tout répété. Si une phrase comporte plusieurs sujets au singulier précédés chacun de tout (au sens de « chaque »), le verbe s'accorde avec le dernier sujet : toute bicyclette, tout cyclomoteur, toute motocyclette doit emprunter le passage réservé aux deux-roues.

    Tout devant un titre d'œuvre. Tout reste invariable quand il précède l'article masculin le ou les ou un déterminant masculin faisant partie du titre, ou quand le titre ne contient pas d'article : j'ai relu tout « l'Assommoir », tout « Un tramway nommé Désir », tout « les Misérables », tout « Mes prisons », tout « Madame Bovary ». - Devant l'article ou un déterminant féminin, l'accord se fait généralement, surtout au singulier : relire toute « la Chartreuse de Parme », toute « la Porte étroite » ; au pluriel, l'accord est aujourd'hui le plus fréquent, mais on trouve encore parfois tout invariable : connaître toutes « les Fleurs du mal » (ou tout « les Fleurs du mal ») par cœur. - Quand le titre ne commence pas par un article ou un déterminant, tout reste invariable : je ne me rappelle pas tout « Crime et châtiment » ; je dois apprendre tout « Andromaque ».
    Tout devant un nom d'auteur employé par métonymie pour désigner l'œuvre. Tout reste invariable, que le nom désigne un homme ou une femme : elle avait lu tout Voltaire (toute l'œuvre de Voltaire), tout Yourcenar (toute l'œuvre de Marguerite Yourcenar).

    Tout devant un nom de ville. Placé immédiatement avant un nom de ville féminin, tout reste invariable, ainsi que les mots qui s'y rapportent, si le nom de la ville désigne les habitants : tout La Rochelle soutenait son maire (= la population entière) ; il s'accorde si le nom de la ville désigne le lieu, les constructions, etc. : le soir, toute La Rochelle est illuminée (= toutes les rues, tous les monuments).

    Tout ce qu'il y a de (+ nom au pluriel). L'accord du verbe se fait aujourd'hui au singulier : tout ce qu'il y a de diplomates à Paris a été convié à l'Élysée.
    remarque
    Dans la langue classique et jusqu'au xixe s., l'accord se faisait au pluriel.

    Tout ce qu'il y a de plus (+ adjectif) = extrêmement, très. L'accord se fait le plus souvent au masculin singulier : ces ustensiles sont tout ce qu'il y a de plus utile ; elle est tout ce qu'il y a de plus naïf. Mais l'accord en genre et en nombre est également assez fréquent : elles sont tout ce qu'il y a de plus sérieuses.
    Tout ce qu'il y a de plus est souvent considéré comme une locution figée dans laquelle a reste au présent, même si le verbe de la principale est à un autre temps : maquillée comme ça, vous serez tout ce qu'il y a de plus jolie ; il semblait tout ce qu'il y a de plus content de lui.

  • EMPLOI

    Répétition de tout. Lorsqu'une phrase contient plusieurs sujets précédés chacun de tout (= chaque), dont le premier est féminin, tout doit être répété devant le nom masculin qui suit immédiatement, et accordé : toutes factures, tous documents, formulaires, états manquant au dossier devront être immédiatement fournis (et non : *toutes factures, documents..., *tous factures, docuuments...).

    Le Tout-Paris. Tout est employé en composition avec des noms de villes pour former des noms masculins singuliers : le Tout-Paris, le Tout-Vienne, le Tout-Boston (= les gens du monde, la haute société de Paris, de Vienne, de Boston).

    Tous deux / tous les deux. → deux

  • REGISTRE

    Tout ce qu'il y a de (+ adjectif) est familier.

    Tout un chacun. → chacun


Citations avec tout


  • Marcel Achard (Sainte-Foy-lès-Lyon 1899-Paris 1974)
    Académie française, 1959
    Rien égale tout.
    Domino, I, 9, Domino , Gallimard
  • Étienne Cabet (Dijon 1788-Saint Louis, États-Unis, 1856)
    Tous pour chacun. Chacun pour tous.
    Voyage en Icarie
  • Eugène Grindel, dit Paul Eluard (Saint-Denis 1895-Charenton-le-Pont 1952)
    Chacun est l'ombre de tous.
    Les Armes de la douleur, V , Éditeurs français réunis
  • André Frénaud (Montceau-les-Mines 1907-Paris 1993)
    Tout est pour tous puisque rien ne reste à aucun.
    Il n'y a pas de paradis, Gallimard
  • Jean Grosjean (Paris 1912-Versailles 2006)
    Le rien a su qu'il n'était rien sauf le besoin de tout.
    Apocalypse, Gallimard
  • Blaise Pascal (Clermont, aujourd'hui Clermont-Ferrand, 1623-Paris 1662)
    Il est bien plus beau de savoir quelque chose de tout que de savoir tout d'une chose ; cette universalité est la plus belle.
    Pensées, 37

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    Chaque citation des Pensées porte en référence un numéro. Celui-ci est le numéro que porte dans l'édition Brunschvicg - laquelle demeure aujourd'hui la plus généralement répandue - le fragment d'où la citation est tirée.

  • Blaise Pascal (Clermont, aujourd'hui Clermont-Ferrand, 1623-Paris 1662)
    Qu'est-ce que l'homme dans la nature ? Un néant à l'égard de l'infini, un tout à l'égard du néant, un milieu entre rien et tout.
    Pensées, 72

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    Chaque citation des Pensées porte en référence un numéro. Celui-ci est le numéro que porte dans l'édition Brunschvicg - laquelle demeure aujourd'hui la plus généralement répandue - le fragment d'où la citation est tirée.

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