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urticaire

Cet article est extrait de l'ouvrage « Larousse Médical ».

Maladie dermatologique caractérisée par l'apparition de plaques rouges en relief, souvent très prurigineuses.

Une urticaire peut être déclenchée et/ou entretenue par plusieurs causes, si bien que, pour chaque patient, il est indispensable de rechercher tous les facteurs déclenchants possibles.

On distingue les urticaires aiguës, ne durant parfois que quelques heures, des urticaires chroniques, qui persistent plus de trois mois.

URTICAIRE AIGUË

Elle peut être due à la prise de certains médicaments (analgésiques, anti-inflammatoires, aspirine), à une piqûre d'insecte (guêpe, abeille, moustique) ou avoir une origine alimentaire (fraises, condiments, crustacés, poissons). Son mécanisme est variable : soit la substance en cause amène un excès d'histamine, soit elle déclenche la libération dans l'organisme de l'histamine contenue dans la paroi intestinale, soit encore elle provoque une réaction allergique (l'allergène en cause pouvant être une protéine alimentaire mais aussi un additif alimentaire ou de la pénicilline ajoutée par le fabricant, par exemple à un fromage fermenté). Enfin, certaines maladies infectieuses (hépatite virale, mononucléose infectieuse, certaines maladies parasitaires) peuvent comporter une urticaire à leur phase initiale.

URTICAIRE CHRONIQUE

Les causes de l'urticaire chronique sont beaucoup plus nombreuses que celles de l'urticaire aiguë.

Les urticaires chroniques physiques (c'est-à-dire déclenchées par des facteurs physiques), héréditaires ou acquises, se classent en différents types :

— l'urticaire cholinergique, qui fait suite à la libération d'une substance appelée acétylcholine, contenue normalement dans les cellules nerveuses ; ce phénomène est souvent consécutif à un effort physique intense, ou à une pression exercée par un objet lourd sur la peau, et il est favorisé par la sudation ;

— l'urticaire au froid, fréquente ;

— l'urticaire à l'eau, qui rend dangereux les bains en rivière ou dans la mer ;

— l'urticaire au chaud, exceptionnelle, qui n'apparaît qu'au point d'application d'une source de chaleur ;

— l'urticaire solaire, qui atteint toutes les régions du corps exposées au soleil.

Les urticaires chroniques allergiques peuvent être dues à un médicament ou à un aliment, mais aussi à un pneumallergène (substance allergisante contenue dans l'atmosphère : pollens, poussières).

D'autres urticaires chroniques accompagnent une maladie générale : vascularite (inflammation des vaisseaux sanguins), lupus érythémateux (taches rouges sur le visage), certaines affections endocriniennes (diabète, excès d'hormones thyroïdiennes) ou métaboliques (hyperuricémie).

Cependant, dans 30 à 40 % des cas, les causes de l'urticaire demeurent inconnues.

Symptômes et signes de l'urticaire

En règle générale, l'urticaire touche le derme superficiel ; on la reconnaît aisément grâce à la ressemblance des lésions avec les piqûres d'ortie. Les placards sont arrondis, un peu surélevés, rosés, entourés d'un liseré blanc plus ou moins marqué ; très mobiles et fugaces, ils disparaissent pour apparaître en d'autres endroits du corps, parfois en quelques heures. Chez certains malades, on observe un dermographisme : une plaque d'urticaire apparaît à l'endroit où l'on a frotté la peau avec une pointe mousse. Les urticaires cholinergiques et les urticaires à l'eau sont caractérisées par des boutons de la taille d'une tête d'épingle. Les urticaires chroniques associées à une maladie générale se traduisent par l'apparition de placards souvent fixes, symétriques, peu ou pas prurigineux ; elles peuvent s'accompagner d'une légère fièvre, de douleurs articulaires et d'un syndrome inflammatoire modéré.

Une forme particulière d'urticaire, l'œdème de Quincke, ne touche pas le derme superficiel mais les tissus sous-cutanés, ce qui se traduit essentiellement par un gonflement aigu. Celui-ci est particulièrement visible sur le visage (lèvres épaissies) ; il peut s'étendre à la muqueuse du larynx, d'où un risque de gêne respiratoire brutale.

Diagnostic de l'urticaire

Outre l'examen clinique des lésions et l'interrogatoire du malade (notamment pour savoir si celui-ci a pris des médicaments juste avant que la crise ne se déclenche), le diagnostic d'une urticaire repose sur cinq gestes simples :

— frottement de la région du dos avec une pointe mousse pour rechercher un dermographisme ;

— application d'un glaçon pendant 5 à 10 minutes pour chercher une urticaire au froid et, inversement, application d'un tube contenant de l'eau chaude pour dépister une urticaire au chaud ;

— épreuve d'effort pour faire transpirer le patient et voir si cette sudation provoque une crise ;

— épreuve à la pression en faisant porter au patient un poids de 5 kilogrammes sur l'épaule pendant 5 minutes et en regardant si une plaque d'urticaire apparaît à cet endroit ;

— recherche systématique de foyers d'infection mycosique ou microbienne et réalisation de tests allergiques.

Traitement de l'urticaire

Il vise à la fois à soigner les symptômes et la cause de la maladie. Le traitement symptomatique repose sur l'administration d'antihistaminiques par voie orale ou injectable, parfois associée à celle, orale, d'autres médicaments tels que le chromoglycate de sodium ou le kétotifène, qui inhibent la dégranulation des cellules appelées mastocytes, phénomène libérant de l'histamine. Les corticostéroïdes, administrés par voie orale ou injectable, ne s'utilisent que dans les urticaires sévères et les œdèmes du larynx (œdème de Quincke). Par ailleurs, les soins locaux de la peau comprennent des toilettes avec un savon acide ou de l'eau vinaigrée et des applications de laits adoucissants.

La cause de l'urticaire doit être traitée chaque fois que c'est possible : suppression de l'aliment ou du médicament responsable, voire désensibilisation. De plus, il existe souvent un facteur psychologique favorisant, dont on peut atténuer le rôle à l'aide d'anxiolytiques et d'une psychothérapie.