En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour vous proposer des publicités adaptées à vos centres d’intérêts, réaliser des statistiques ainsi qu’interagir avec des réseaux sociaux.

Pour en savoir plus et paramétrer les cookies

Identifiez-vous ou Créez un compte

iode radioactif

Cet article est extrait de l'ouvrage « Larousse Médical ».

Isotope radioactif de l'iode.

Utilisations diagnostique et thérapeutique

Les dosages radio-immunologiques emploient des traceurs marqués à l'iode 125 pour doser avec précision de nombreuses molécules dans des prélèvements sanguins, principalement des hormones et des marqueurs tumoraux (substances sécrétées par certaines tumeurs).

L'imagerie médicale utilise comme traceurs des molécules marquées par l’iode 123 tels la mibg (métaiodobenzylguanidine), servant à visualiser des tumeurs des glandes médullosurrénales qui sécrètent de l’adrénaline, ou l’ioflupane, traceur cérébral utilisé pour détecter la perte de neurones utilisant la dopamine au cours de la maladie de Parkinson ou de certaines formes de démences. Dans quelques cas, les traceurs sont encore marqués à l’iode 131, tel le norcholestérol, servant à visualiser des tumeurs des glandes corticosurrénales qui sécrètent des hormones stéroïdes.

La radiothérapie interne vectorisée utilise principalement l'iode 131, dont les rayonnements bêta détruisent les cellules qui l'ont fixé. Ce traitement permet de réduire l'activité de la glande thyroïde ou de ses nodules en cas d'hyperthyroïdie, de compléter une ablation chirurgicale de la glande dans le cas d'un cancer ou encore de dépister l'apparition de métastases d'un cancer thyroïdien. Le traitement par des molécules marquées à l'iode 131 est en outre indiqué pour détruire ou réduire le volume de certaines tumeurs surrénaliennes ou hépatiques.

La scintigraphie thyroïdienne explore le mécanisme de concentration élective de l'iode radioactif et de fabrication des hormones iodées par la glande thyroïde. Après injection ou ingestion d'iode 123, une gammacaméra donne une image de la glande thyroïde ayant capté ce radioélément. La quantité de rayonnement émis est proportionnelle au fonctionnement de chaque partie de la glande. La scintigraphie thyroïdienne permet de diagnostiquer des anomalies morphologiques de la glande thyroïde, goitre ou nodule. Elle précise si ces nodules sont uniques ou multiples, s'ils sont froids (ne fixant pas l'iode), chauds (hyperfixants) ou extinctifs (empêchant l'iode de se fixer sur le reste de la glande). Elle renseigne aussi sur les anomalies de fonctionnement de la thyroïde. Ainsi, elle permet de rechercher les causes d'une hyperthyroïdie (concentration excessive d'hormones thyroïdiennes) : maladie de Basedow, destruction partielle et transitoire du tissu thyroïdien due à une thyroïdite subaiguë, prise excessive d'iode ou d'hormones thyroïdiennes. Moins indiquée dans les hypothyroïdies, elle est cependant utilisée pour dépister l'absence congénitale de thyroïde chez l'enfant.

Accidents nucléaires

L'iode 131 est un produit de fission des métaux de la famille de l'uranium. Lors d'un accident nucléaire, parce qu'il est très volatil, il est libéré dans l'atmosphère et peut contaminer les sols sur une large surface. Soit directement inhalé, soit ingéré par l'intermédiaire d'aliments, l'iode se concentre dans la thyroïde. Ainsi, l'accident de Tchernobyl en 1986 a entraîné de nombreux cancers thyroïdiens. Les conséquences de l'irradiation de durée brève (quelques semaines) résultant d'un tel accident dépendent de la quantité d'iode radioactif fixé. Lorsque celle-ci est importante, elle peut entraîner une hypothyroïdie, voire un cancer. La prévention de ces risques est assurée par la prise de comprimés d'iode stable (non radioactif). La thyroïde, saturée en iode stable, ne capte alors plus que des quantités négligeables d'iode radioactif. Cette prévention n'est cependant efficace que dans les toutes premières heures de l'accident et doit être pratiquée sur indication médicale et sous stricte surveillance.