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la Libération

Libération, affiche
Libération, affiche

Période pendant laquelle les Alliés et les patriotes insurgés chassèrent d'Europe occidentale (Autriche, Belgique, Italie, France) l'armée allemande d'occupation (1943-1945). En France, cette période s'étend du débarquement en Normandie (6 juin 1944) à la capitulation des dernières poches de résistance allemande du littoral français (8 mai 1945), la Corse ayant été libérée entre le 11 septembre et le 4 octobre 1943.

1. La lutte clandestine et la Résistance intérieure

Avant le débarquement en Normandie, la lutte clandestine multiforme avait déjà pu prendre l'aspect de luttes ouvertes menant parfois à la libération provisoire d'une parcelle de territoire (→  plateau des Glières, mars 1944). Le Comité français de libération nationale s'efforça de diriger et de coordonner l'activité militaire de la Résistance intérieure avec la préparation des débarquements alliés et leur développement. C'était notamment la mission de Kœnig, nommé à Londres commandant des Forces françaises de l'Intérieur (FFI). Mais, en France, le COMAC et de nombreux mouvements de résistance souhaitaient déclencher une insurrection nationale. À la veille du 6 juin, les messages radio lancés par la BBC purent faire croire à ce déclenchement. C'est ainsi que le Vercors se mobilisa prématurément. La libération du sol national fut donc l'œuvre des forces alliées débarquées (comprenant les divisions du général de Lattre et la 2e DB Leclerc) et de l'action simultanée mais pas toujours coordonnée des FFI.

Cette libération peut se décomposer en trois phases : les débarquements en Normandie et en Provence et leur exploitation (6 juin-15 septembre1944) ; la bataille pour la libération de l'est de la France (15 septembre-19 mars 1945) ; la réduction des poches résiduelles (jusqu'au 8 mai).

2. Le débarquement en Normandie

En Normandie, le 6 juin, à l'aube, trois divisions aéroportées sautent dans les environs de Caen et de Carentan, précédant le débarquement sur le littoral, entre Ouistreham et la côte est du Cotentin, de cinq divisions d'assaut, renforcées, du 7 au 13, par sept autres, auxquelles s'opposent initialement une douzaine de divisions allemandes. La tête de pont ne peut s'étendre dans la région de Caen, dont les ruines ne sont occupées que le 9 juillet. Dans le Cotentin, la Iere armée américaine, progressant plus facilement, libère Cherbourgle 26 juin, mais Avranches n'est atteinte que le 30 juillet, par où s'engouffre la IIIe armée du général Patton en direction de la Bretagne (Rennes libérée le 5 août), de la Loire et du Mans. Malgré la contre-attaque blindée allemande de Mortain (→ bataille de Mortain 7 août), les forces britanniques venant de Falaise et les forces américaines (avec la division Leclerc) font leur jonction le 19 à Chambois, encerclant la VIIe armée allemande (Hausser) tout en poursuivant leur progression vers la Seine.

Pour en savoir plus, voir les articles bataille de Normandie, débarquement de Normandie.

2. Paris, le Nord et l'Est, le Sud-Ouest

Le rôle de la Résistance dans la libération de la métropole fut considérable, ainsi que devait le reconnaître le commandant en chef des troupes interalliées, le général Dwight D. Eisenhower, qui compara ses opérations militaires à l'action de quinze divisions travaillant à l'arrière du front ennemi. L'insurrection parisienne déclenchée le 19 août se termine victorieusement avec l'entrée de la 2e DB à Paris et la capitulation de la garnison (23-25 août). Le Nord et le Nord-Est sont libérés au début de septembre. Les Allemands évacuent le Sud-Ouest (Bordeaux le 28 août), harcelés par les FFI et parfois contraints à se rendre (groupement Elster à Issoudun).

3. Le Sud-Est

En Provence, le 15 août, la XIXe armée allemande ne peut s'opposer au débarquement, entre Saint-Raphaël et Cavalaire, des divisions américaines et françaises de Patch et de De Lattre. Tandis que Patch s'enfonce dans les Alpes avec l'aide des FFI (Grenoble est atteinte le 22 août), Toulon et Marseille sont libérées le 28, Lyon le 3 septembre. Le 12, à Châtillon-sur-Seine, a lieu la jonction entre éléments débarqués en Normandie (2e DB) et ceux débarqués en Provence (1ere DB).

Pour en savoir plus, voir l'article débarquement de Provence.

4. La difficile réduction du réduit Vosges-Alsace

Sur l'ensemble des fronts, les difficultés logistiques (élongation des lignes de ravitaillement) et le durcissement de la résistance allemande accrochée aux Vosges déterminent à la mi-septembre un arrêt de la progression alliée en France sur un front s'étendant de Pont-de-Roide (frontière suisse) à Thionville, par Ronchamp, Mirecourt, l'est de Nancy et la rive gauche de la Moselle. La réduction du réduit Vosges-Alsace sera difficile. Au nord, Patton libère Metz le 22 novembre et la 2e DB, lancée audacieusement par Leclerc à travers les Vosges, débouche sur les arrières de Saverne et atteint Strasbourg le 23. Au sud, de Lattre, ayant amalgamé les FFI dans la Iere armée française, libère Belfort (19-25 novembre), parvient au Rhin le 19 et à Mulhouse le 20. Mais la XIXe armée allemande va s'accrocher encore pendant deux mois entre le Rhin et les hauts de Vosges. La poche de Colmar ne sera réduite que le 9 février 1945. Le dernier morceau d'Alsace, de la Moder à la frontière, sera libéré le19 mars.

5. Libération des dernières poches de résistance

Il restait encore quelques zones du territoire national occupées par l'adversaire : dans les Alpes, le massif de l'Aution et quelques lignes de crête. Le détachement d'armée des Alpes (général Doyen) les dégageait du 10 au 28 avril 1945, avant de pénétrer dans le Val d'Aoste. Quant aux cinq poches de l'Atlantique (Lorient, Saint-Nazaire, Rochefort, La Rochelle, et Royan avec la pointe de Grave) encore occupées par les Allemands et bloquées par les forces françaises de l'Ouest, à base de FFI, elles ne capitulèrent, ainsi que Dunkerque, que le 8 mai 1945, à l'exception de la pointe de Grave, Royan et Oléron libérées entre le 18 avril et le 1er mai.

6. La restauration de l'État

À mesure que se libère le territoire, l'administration de Vichy, noyautée par le NAP, service créé à cet effet par la Résistance, cède la place à de nouveaux responsables issus de la clandestinité, selon des propositions faites par les mouvements de résistance, avalisées par le Gouvernement provisoire de la République française (GPRF), qui s'est installé à Paris début septembre 1944. Ainsi l'administration militaire alliée (AMGOT) ne pourra s'implanter en France, comme elle l'a fait en Italie. Les destructions opérées à travers la France par les bombardements, les sabotages et les combats rendent difficiles les communications entre Paris et les provinces, dont certaines vivent en état de semi-autonomie sous la direction, parfois peu concordante, des commissaires de la République et des comités départementaux de libération. Volonté de réformes, agitation révolutionnaire, ressentiments légitimes vis-à-vis des « collaborateurs », vengeances individuelles cohabitent dans la fièvre de la libération. L'épuration nécessaire aboutit parfois à des jugements hâtifs prononcés par des cours martiales improvisées ou à des exécutions sans jugement.

Les rivalités entre partis issus de la Résistance s'accusent ; le parti communiste (PCF), qui, depuis le 22 juin 1941, a pris une part de plus en plus active dans la Résistance, est soupçonné par les autres mouvements de vouloir prendre le pouvoir, à l'aide des milices patriotiques.

Le général de Gaulle réussit à restaurer l'autorité de l'État. Le Conseil national de la Résistance (CNR) est intégré dans l'Assemblée consultative, les FFI sont amalgamés dans la Ire armée ou démobilisés, les milices patriotiques dissoutes, les comités de libération réduits à un rôle consultatif près des préfets, et les cours de justice chargées de la répression des faits de collaboration. Les premières réformes sociales, issues du programme du CNR, sont lancées, mais il faut reconstruire un pays dont l'activité économique était tombée en septembre 1944 à 40 % de celle de 1938.

Pour en savoir plus, voir les articles épuration, IVe République, Seconde Guerre mondiale.