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Chine : cinéma chinois

Dans la Shanghai des années 1920 se développe une industrie cinématographique.

On y distingue, à côté des films d'inspiration nationale – les dessins animés des frères Wan, les films d'opéra et surtout les premiers films d'arts martiaux dont le succès est immense, notamment Feu au temple du Lotus rouge (1928), série en dix-huit épisodes –, de nombreuses œuvres influencées par le cinéma hollywoodien : adaptations de films de Lubitsch et du Fantôme de l'Opéra, comédies musicales à la Busby Berkeley et films chinois avec sosies de Laurel et Hardy et de Shirley Temple.

Les années 1930

Au début des années 1930, toute une génération de cinéastes de gauche, notamment communistes, investit les studios de Shanghai ; se développe alors, de 1931 à 1937, un véritable âge d'or du cinéma chinois, avec la réalisation d'une collection de comédies sociales d'inspiration réaliste (on a pu parler à leur propos de « néoréalisme » avant la lettre), illustré entre autres par Yuan Muzhi (les Anges du boulevard, 1937) et Shen Xiling (Au carrefour, 1937).

Quand les Japonais envahissent Shanghai en 1938, la plupart des gens de cinéma s'installent à Hongkong.

Cinéma de propagande et cinéma populaire

Une seconde vague d'émigration en direction de la colonie britannique, moins importante, a lieu quand Mao Zedong arrive au pouvoir, en 1949, et que le centre de la production cinématographique est installé à Pékin. Dès lors, le cinéma chinois a deux visages : au Nord, un cinéma sérieux, de propagande, calqué sur le modèle soviétique ; au Sud, à Hongkong, un cinéma populaire qui hérite des genres développés à Shanghai, liés à la Chine féodale et désormais prohibés à Pékin – opéras traditionnels, mélodrames à costumes et, surtout, films d'arts martiaux. Parmi ces derniers, on distingue les films de combat à mains nues (ou kung-fu), propulsés tardivement sur la scène internationale grâce à Bruce Lee, et les films de cape et d'épée, issus de la tradition de l'opéra et du cirque de Pékin, dont le cinéaste King Hu (Touch of Zen, 1972 ; Raining in the Mountain, 1978) est le plus digne représentant.

La Révolution culturelle

À partir de 1967, pendant la Révolution culturelle, la Chine populaire cesse de produire des films, à l'exception de ballets révolutionnaires. Mais la mort de Mao, en 1976, et l'arrestation de la « bande des quatre » – dont la veuve du président, Jiang Qing, ex-actrice des studios de Shanghai dans les années 1930 – entraînent la réhabilitation des acteurs, scénaristes et cinéastes interdits, la sortie de films censurés, l'ouverture des frontières aux coproductions et films étrangers, l'apparition de films commerciaux d'espionnage et policiers.

Nouvelles perspectives

L'industrie retrouve tout son essor dans les années 1980 : le pays compte 25 milliards de spectateurs par an. La levée du carcan idéologique et la décentralisation de la production permettent à une nouvelle génération de cinéastes de s'exprimer, d'aborder les sujets tabous comme les sentiments individuels et la sensualité amoureuse, et de dénoncer les rigidités de la société chinoise traditionnelle et contemporaine. Les chefs de file en sont Chen Kaige (la Grande Parade, 1985 ; le Roi des enfants, 1987) et Zhang Yimou, dont le Sorgho rouge (1988) a connu un grand succès auprès de la jeunesse chinoise, mais qui n'a pu, après les événements de la place Tien An Men en 1989, montrer dans son pays Épouses et concubines (lion d'argent au festival de Venise, en 1991).